retournerDresil, le riz doux des grands jours
Dresil, le riz doux des grands jours
Pourquoi ce plat ? Aux confins bouddhistes où séjourna Alexandra, ce riz sucré au beurre se préparait pour le Nouvel An tibétain (Losar) et se déposait en offrande sur les autels — une douceur de fête qu'elle a pu voir partager dans les monastères du Sikkim et du Tibet.
Un riz doux, beurré et parfumé, sucré et garni de fruits secs, servi lors des grandes fêtes et déposé en offrande. Rare touche sucrée d'une cuisine dominée par le salé, il marque les jours sacrés et les réjouissances.
Dans un monde de thé salé et de farine d'orge, voici la seule véritable douceur que j'aie goûtée là-haut. Pour le Nouvel An, on fait cuire le riz, on le lie de beurre fondu et de sucre, on y jette des raisins secs et de menus fruits, et l'on en dépose une coupe sur l'autel avant d'y goûter soi-même. Ce n'est point un dessert au sens où nous l'entendons à Paris, mais un mets de réjouissance, offert aux divinités autant qu'aux convives. J'en ai gardé le souvenir comme d'une fête de lumière au cœur de l'hiver tibétain.
- •Riz — une mesure (base)
- •Beurre de yak fondu — généreusement (richesse)
- •Sucre ou mélasse — selon le goût (douceur)
- •Raisins secs — une poignée (garniture)
- •Droma (petites racines douces) ou dattes — quelques-unes (garniture sucrée)
Dresil, le riz doux des grands jours
Un riz doux, beurré et parfumé, sucré et garni de fruits secs, servi lors des grandes fêtes et déposé en offrande. Rare touche sucrée d'une cuisine dominée par le salé, il marque les jours sacrés et les réjouissances.
Pourquoi ce plat ? Aux confins bouddhistes où séjourna Alexandra, ce riz sucré au beurre se préparait pour le Nouvel An tibétain (Losar) et se déposait en offrande sur les autels — une douceur de fête qu'elle a pu voir partager dans les monastères du Sikkim et du Tibet.
Dans un monde de thé salé et de farine d'orge, voici la seule véritable douceur que j'aie goûtée là-haut. Pour le Nouvel An, on fait cuire le riz, on le lie de beurre fondu et de sucre, on y jette des raisins secs et de menus fruits, et l'on en dépose une coupe sur l'autel avant d'y goûter soi-même. Ce n'est point un dessert au sens où nous l'entendons à Paris, mais un mets de réjouissance, offert aux divinités autant qu'aux convives. J'en ai gardé le souvenir comme d'une fête de lumière au cœur de l'hiver tibétain.
Ingrédients (version d’époque)
- Riz — une mesure (base)
- Beurre de yak fondu — généreusement (richesse)
- Sucre ou mélasse — selon le goût (douceur)
- Raisins secs — une poignée (garniture)
- Droma (petites racines douces) ou dattes — quelques-unes (garniture sucrée)
Ingrédients
- Riz basmati ou rond — 200 g (base)
- Beurre — 40 g (richesse)
- Sucre — 3 c. à soupe (douceur)
- Raisins secs — 50 g (garniture)
- Dattes ou abricots secs — 6, coupés (garniture)
- Une pincée de safran (facultatif) — 1 pincée (parfum et couleur)
Préparation
- Cuire le riz à l'eau jusqu'à ce qu'il soit tendre, puis l'égoutter.
- Faire fondre le beurre dans une casserole, y faire gonfler les raisins et les dattes 2 minutes.
- Ajouter le riz et le sucre (et le safran), mélanger délicatement sur feu doux pour bien enrober.
- Dresser en dôme dans une coupe et servir tiède, lors d'une fête ou d'un repas de partage.
Comment on faisait : Le dresil traditionnel se parfumait avec la droma, petite racine sucrée récoltée sur le plateau, introuvable hors du Tibet. On le préparait pour Losar (Nouvel An tibétain) et les cérémonies, où une part était offerte sur l'autel familial avant d'être consommée. Le sucre, importé et coûteux, en faisait un luxe réservé aux grands jours.
Le twist contemporain : Servi en petites verrines parsemées de safran et de pistaches, ce riz doux himalayen fait un dessert de fête original, à mi-chemin entre le riz au lait et le riz pilaf sucré d'Asie centrale.
Sources : Rinjing Dorje, Food in Tibetan Life, Prospect Books, 1985
Alexandra David-Néel · Charactorium





