retournerRiz gluant fermenté de Saïgon (cơm rượu)
Riz gluant fermenté de Saïgon (cơm rượu)
Pourquoi ce plat ? Envoyé en Cochinchine, Calmette fonda l'Institut Pasteur de Saïgon en 1891 et y étudia la fermentation du riz : il isola le ferment chinois (la « levure chinoise ») qui transforme l'amidon en sucres puis en alcool, publié dans les Annales de l'Institut Pasteur en 1892. Le cơm rượu — riz gluant ensemencé de ce même ferment « men » — est le visage comestible de cette recherche.
Riz gluant cuit puis ensemencé d'un ferment, qui devient en quelques jours sucré, légèrement pétillant et faiblement alcoolisé. Mangé à la cuillère, inspiré de la douceur servie lors de la fête vietnamienne Tết Đoan Ngọ.
À Saïgon, on m'avait dit que les Asiatiques faisaient lever et fermenter leur riz avec de petits pains de levure mystérieux — je voulus en avoir le cœur net. Au microscope, j'y trouvai un ferment remarquable, qui d'abord saccharifie l'amidon, puis l'alcoolise : deux ouvriers invisibles travaillant à la chaîne. Le peuple, lui, n'attendait pas mes conclusions pour s'en régaler : ce riz devenu sucré et pétillant, on l'offrait aux fêtes et on le mangeait à la cuillère. Goûtez-le, et vous mangerez, en somme, ma première leçon de microbiologie tropicale.
- •Riz gluant — une mesure (support amylacé)
- •Pains de ferment chinois (men / levure asiatique) — quelques-uns écrasés (agent de fermentation)
- •Eau pure — un peu (humidité)
Riz gluant fermenté de Saïgon (cơm rượu)
Riz gluant cuit puis ensemencé d'un ferment, qui devient en quelques jours sucré, légèrement pétillant et faiblement alcoolisé. Mangé à la cuillère, inspiré de la douceur servie lors de la fête vietnamienne Tết Đoan Ngọ.
Pourquoi ce plat ? Envoyé en Cochinchine, Calmette fonda l'Institut Pasteur de Saïgon en 1891 et y étudia la fermentation du riz : il isola le ferment chinois (la « levure chinoise ») qui transforme l'amidon en sucres puis en alcool, publié dans les Annales de l'Institut Pasteur en 1892. Le cơm rượu — riz gluant ensemencé de ce même ferment « men » — est le visage comestible de cette recherche.
À Saïgon, on m'avait dit que les Asiatiques faisaient lever et fermenter leur riz avec de petits pains de levure mystérieux — je voulus en avoir le cœur net. Au microscope, j'y trouvai un ferment remarquable, qui d'abord saccharifie l'amidon, puis l'alcoolise : deux ouvriers invisibles travaillant à la chaîne. Le peuple, lui, n'attendait pas mes conclusions pour s'en régaler : ce riz devenu sucré et pétillant, on l'offrait aux fêtes et on le mangeait à la cuillère. Goûtez-le, et vous mangerez, en somme, ma première leçon de microbiologie tropicale.
Ingrédients (version d’époque)
- Riz gluant — une mesure (support amylacé)
- Pains de ferment chinois (men / levure asiatique) — quelques-uns écrasés (agent de fermentation)
- Eau pure — un peu (humidité)
Ingrédients
- Riz gluant (riz collant) — 400 g (support amylacé)
- Boules de ferment à riz (men / men rượu, en épicerie asiatique) — 2 à 3 boules (agent de fermentation)
- Eau bouillie refroidie — un peu (humidité de fermentation)
Préparation
- Tremper le riz gluant plusieurs heures, puis le cuire à la vapeur jusqu'à tendreté ; le laisser tiédir à température ambiante (le ferment meurt si le riz est chaud).
- Réduire les boules de ferment en poudre fine.
- Étaler le riz tiède, saupoudrer uniformément de ferment, mélanger délicatement.
- Façonner en petites boules ou tasser dans un récipient propre couvert (non hermétique), avec un fond pour récupérer le jus.
- Laisser fermenter à température douce (28-30 °C) 2 à 4 jours, jusqu'à ce que le riz soit sucré, juteux et légèrement pétillant.
- Goûter régulièrement et placer au frais dès que la douceur vous convient pour stopper la fermentation. Servir frais, arrosé de son jus.
Comment on faisait : En Indochine, ces pains de ferment (men) étaient préparés et vendus traditionnellement, mêlant levures et moisissures sauvages. Le cơm rượu se consommait jeune, encore peu alcoolisé, comme douceur de fête ; poussée plus loin, la même fermentation donnait l'alcool de riz que Calmette cherchait à rationaliser industriellement.
Le twist contemporain : Servez les boules de riz fermenté dans un petit bol en céramique avec un trait de leur jus, comme un « culture vivante » à déguster — et expliquez aux enfants que ce pétillant, c'est du gaz produit par des microbes au travail.
Sources : A. Calmette, « Contribution à l'étude des ferments de l'amidon : la levure chinoise », Annales de l'Institut Pasteur, 1892
Albert Calmette · Charactorium





