Gretchnevaïa kacha — bouillie de sarrasin au beurre
Le grain de sarrasin grillé puis gonflé à l'eau, fondu d'une noix de beurre : un plat humble, réconfortant, qui nourrissait aussi bien les paysans que la table d'un poète exilé. Servi nature au matin ou avec des champignons et de l'oignon le soir.
Le grain de sarrasin grillé puis gonflé à l'eau, fondu d'une noix de beurre : un plat humble, réconfortant, qui nourrissait aussi bien les paysans que la table d'un poète exilé. Servi nature au matin ou avec des champignons et de l'oignon le soir.
Crois-moi, ami : quand l'exil m'eut chassé loin du bruit des bals, c'est cette bouillie de sarrasin qui me tint compagnie. Ma vieille niania la faisait griller jusqu'à ce qu'elle sentît la noisette, puis la noyait dans un beurre doré qui chante encore à mon souvenir. Une assiette fumante, une bougie, ma plume — et le monde entier pouvait bien m'oublier. Il n'est point de festin parisien qui vaille cette simplicité-là un matin d'hiver russe.
- •Gruau de sarrasin (gretchka) — un grand bol (base)
- •Beurre — une bonne noix (matière grasse)
- •Eau de source — le double du grain (cuisson)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
- •Œuf (façon des cuisines de maître) — 1 (enrobage du grain, optionnel)
Gretchnevaïa kacha — bouillie de sarrasin au beurre
Le grain de sarrasin grillé puis gonflé à l'eau, fondu d'une noix de beurre : un plat humble, réconfortant, qui nourrissait aussi bien les paysans que la table d'un poète exilé. Servi nature au matin ou avec des champignons et de l'oignon le soir.
Pourquoi ce plat ? En exil à Mikhaïlovskoïe, loin des salons de Pétersbourg, Pouchkine se contentait d'une cuisine simple : lard, pommes cuites et kacha de sarrasin. Cette bouillie modeste est le compagnon de ses années de réclusion à la campagne, là où il écrivit une grande partie d'Eugène Onéguine.
Crois-moi, ami : quand l'exil m'eut chassé loin du bruit des bals, c'est cette bouillie de sarrasin qui me tint compagnie. Ma vieille niania la faisait griller jusqu'à ce qu'elle sentît la noisette, puis la noyait dans un beurre doré qui chante encore à mon souvenir. Une assiette fumante, une bougie, ma plume — et le monde entier pouvait bien m'oublier. Il n'est point de festin parisien qui vaille cette simplicité-là un matin d'hiver russe.
Ingrédients (version d’époque)
- Gruau de sarrasin (gretchka) — un grand bol (base)
- Beurre — une bonne noix (matière grasse)
- Eau de source — le double du grain (cuisson)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
- Œuf (façon des cuisines de maître) — 1 (enrobage du grain, optionnel)
Ingrédients
- Sarrasin décortiqué (kacha) — 200 g (base)
- Eau — 400 ml (cuisson)
- Beurre — 40 g (matière grasse)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
- Champignons de Paris et oignon (version du soir) — 150 g + 1 (garniture salée)
Préparation
- Faire griller le sarrasin à sec dans une poêle 3-4 min jusqu'à ce qu'il embaume la noisette.
- Verser l'eau bouillante salée, couvrir et laisser gonfler à feu très doux 15 min sans remuer, jusqu'à absorption totale.
- Laisser reposer couvert 5 min, puis ouvrir et incorporer le beurre en aérant le grain à la fourchette.
- Pour la version du soir : faire revenir oignon et champignons au beurre et mélanger à la kacha.
- Servir brûlant, éventuellement avec une cuillère de smetana.
Comment on faisait : La kacha était le plat russe par excellence, du moujik au tsar — un proverbe dit même qu'on ne peut être ami sans avoir « mangé un poud de sel et une marmite de kacha » ensemble. Dans les grandes maisons, on enrobait parfois le grain cru d'un œuf battu avant de le sécher, pour que chaque graine reste détachée à la cuisson.
Le twist contemporain : Un filet d'huile de noisette torréfiée au dressage redouble le parfum du grain grillé — clin d'œil à l'arôme qui faisait tout son charme.
Sources : Elena Molokhovets, Подарок молодым хозяйкам (Un cadeau aux jeunes ménagères), 1861 · A. Pouchkine, Eugène Onéguine — évocations de la vie de campagne
Alexandre Pouchkine · Charactorium