Gretchnévaïa kacha (kacha de sarrasin au beurre)
Une bouillie nourrissante de grains de sarrasin grillés, gonflés dans l'eau puis liés au beurre fondu. Réconfortante, terreuse, c'est le « pain » des Russes : on dit chez eux que « la kacha est notre mère ».
Une bouillie nourrissante de grains de sarrasin grillés, gonflés dans l'eau puis liés au beurre fondu. Réconfortante, terreuse, c'est le « pain » des Russes : on dit chez eux que « la kacha est notre mère ».
Que l'on dresse pour mes maréchaux les sauces de France et les vins du Rhin ; pour Moi, qu'on apporte la kacha de mon enfance. Voyez : on fait d'abord chanter le grain à sec dans la poêle de fonte jusqu'à ce qu'il embaume la noisette, puis on le noie dans l'eau frémissante et on le laisse gonfler couvert, sans plus y toucher. Une noix de beurre, un grain de sel — rien d'autre. Dieu m'a fait empereur de toutes les Russies, mais devant ce plat de moujik, je ne suis qu'un homme qui rend grâce.
- •Sarrasin en gruau (gretcha) — une bonne mesure (céréale de base)
- •Eau de source — le double du grain (cuisson)
- •Beurre de baratte — à discrétion (liant et richesse)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
Gretchnévaïa kacha (kacha de sarrasin au beurre)
Une bouillie nourrissante de grains de sarrasin grillés, gonflés dans l'eau puis liés au beurre fondu. Réconfortante, terreuse, c'est le « pain » des Russes : on dit chez eux que « la kacha est notre mère ».
Pourquoi ce plat ? Malgré les fastes français de sa cour, Alexandre Ier était de goûts personnels sobres, presque ascétiques à mesure qu'il vieillissait dans la dévotion. La kacha de sarrasin — le plat le plus humble et le plus universel de Russie — incarne ce penchant impérial pour la simplicité.
Que l'on dresse pour mes maréchaux les sauces de France et les vins du Rhin ; pour Moi, qu'on apporte la kacha de mon enfance. Voyez : on fait d'abord chanter le grain à sec dans la poêle de fonte jusqu'à ce qu'il embaume la noisette, puis on le noie dans l'eau frémissante et on le laisse gonfler couvert, sans plus y toucher. Une noix de beurre, un grain de sel — rien d'autre. Dieu m'a fait empereur de toutes les Russies, mais devant ce plat de moujik, je ne suis qu'un homme qui rend grâce.
Ingrédients (version d’époque)
- Sarrasin en gruau (gretcha) — une bonne mesure (céréale de base)
- Eau de source — le double du grain (cuisson)
- Beurre de baratte — à discrétion (liant et richesse)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Kacha de sarrasin (grains entiers grillés) — 200 g (céréale de base)
- Eau — 400 ml (cuisson)
- Beurre — 40 g (liant et richesse)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
Préparation
- Faire torréfier le sarrasin à sec dans une casserole 2-3 min jusqu'à odeur de noisette.
- Verser l'eau salée bouillante (attention aux éclaboussures), porter à frémissement.
- Couvrir et cuire à feu très doux 15-18 min sans remuer, jusqu'à absorption complète.
- Couper le feu, glisser le beurre, couvrir et laisser reposer 10 min hors du feu.
- Aérer à la fourchette et servir brûlant.
Comment on faisait : On cuisait traditionnellement la kacha dans la grande poêle ou le pot de fonte glissé au cœur du four russe (pétch), où la chaleur douce et enveloppante la faisait gonfler lentement toute la matinée. Plat de jeûne orthodoxe les jours maigres (sans beurre), plat de fête les autres.
Le twist contemporain : Servez-la « façon banquet impérial » dans un petit bol, couronnée d'un œuf mollet et de champignons poêlés, clin d'œil au mariage cour-paysannerie.
Sources : Elena Molokhovets, « Un cadeau aux jeunes ménagères » (1861, tradition antérieure) · Darra Goldstein, « Beyond the North Wind: Russia in Recipes and Lore » (2020)
Alexandre Ier · Charactorium