La carte de Alexandre Ier
Goriatchéïé du quotidien — le plat chaud de base de toutes les tables russes, du moujik à l'empereur

Gretchnévaïa kacha (kacha de sarrasin au beurre)

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile35 min

Une bouillie nourrissante de grains de sarrasin grillés, gonflés dans l'eau puis liés au beurre fondu. Réconfortante, terreuse, c'est le « pain » des Russes : on dit chez eux que « la kacha est notre mère ».

Goriatchéïé du quotidien — le plat chaud de base de toutes les tables russes, du moujik à l'empereur

Une bouillie nourrissante de grains de sarrasin grillés, gonflés dans l'eau puis liés au beurre fondu. Réconfortante, terreuse, c'est le « pain » des Russes : on dit chez eux que « la kacha est notre mère ».

Que l'on dresse pour mes maréchaux les sauces de France et les vins du Rhin ; pour Moi, qu'on apporte la kacha de mon enfance. Voyez : on fait d'abord chanter le grain à sec dans la poêle de fonte jusqu'à ce qu'il embaume la noisette, puis on le noie dans l'eau frémissante et on le laisse gonfler couvert, sans plus y toucher. Une noix de beurre, un grain de sel — rien d'autre. Dieu m'a fait empereur de toutes les Russies, mais devant ce plat de moujik, je ne suis qu'un homme qui rend grâce.
Alexandre Ier
Ingrédients
  • Sarrasin en gruau (gretcha)une bonne mesure (céréale de base)
  • Eau de sourcele double du grain (cuisson)
  • Beurre de baratteà discrétion (liant et richesse)
  • Selune pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : On cuisait traditionnellement la kacha dans la grande poêle ou le pot de fonte glissé au cœur du four russe (pétch), où la chaleur douce et enveloppante la faisait gonfler lentement toute la matinée. Plat de jeûne orthodoxe les jours maigres (sans beurre), plat de fête les autres.
Sources : Elena Molokhovets, « Un cadeau aux jeunes ménagères » (1861, tradition antérieure) · Darra Goldstein, « Beyond the North Wind: Russia in Recipes and Lore » (2020)