La carte de Anton Tchekhov
Chtchi de chou aigre
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Pervoïe — le « premier » plat, la soupe-socle de tout repas russe

Chtchi de chou aigre

QuotidienDocumentée🍋 🧂 🍄facile2 h 30
Pervoïe — le « premier » plat, la soupe-socle de tout repas russe

Chtchi de chou aigre

Pourquoi ce plat ? Le chtchi est LA soupe nationale russe, présente sur toutes les tables, des isbas paysannes aux maisons de la petite noblesse. Tchekhov, fils d'un modeste épicier de Taganrog devenu propriétaire à Mélikhovo, a mangé ce plot toute sa vie : « Là où il y a le chtchi, cherche-nous » dit le proverbe russe qu'il connaissait par cœur.

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Pervoïe — le « premier » plat, la soupe-socle de tout repas russe

Une soupe profonde et réconfortante de chou fermenté longuement mijoté avec un morceau de bœuf et des racines. L'acidité du chou aigre réveille le bouillon ; on la sert brûlante, nappée d'une cuillerée de crème aigre et accompagnée d'une tranche de pain noir.

Voyez-vous, chez nous le chtchi n'est pas un plat, c'est une habitude de l'âme russe — on en sert au moujik comme au médecin de campagne que je suis. Ma mère le laissait languir des heures sur le poêle, et plus il attendait, meilleur il devenait ; le lendemain il valait mieux que la veille, voilà toute la philosophie. Mettez-y une bonne cuillère de smetana, un quignon de pain noir, et croyez-moi, l'hiver de Mélikhovo vous paraîtra moins long. C'est simple, c'est aigre, c'est honnête — comme il faut qu'une chose soit pour nourrir vraiment.
Anton Tchekhov
Ingrédients
  • Chou fermenté (choucroute russe)une pleine jatte (base acide)
  • Poitrine ou paleron de bœufun beau morceau (bouillon et viande)
  • Oignonun gros (aromate)
  • Carotte et racine de persilà volonté (racines parfumantes)
  • Laurier, grains de poivrequelques-uns (assaisonnement)
  • Crème aigre (smetana)au service (liaison)
  • Pain de seigle noiren accompagnement (accompagnement)
Comment on faisait : Le chtchi se cuisait dans le four russe (pétchka) en terre, à chaleur déclinante toute la journée, ce qui donnait au chou une douceur fondue impossible à obtenir sur un feu vif. Les familles pauvres faisaient un chtchi « vide » sans viande pendant les nombreux jours de jeûne orthodoxe ; on gardait même le chtchi gelé en bloc l'hiver pour le réchauffer au besoin.
Sources : Elena Molokhovets, Un cadeau aux jeunes ménagères (Подарок молодым хозяйкам), 1861 · William Pokhlebkine, Histoire de la cuisine russe

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