Pemmican de l'expédition du Groenland
Une barre dense de viande de bœuf séchée réduite en poudre, liée à la graisse fondue et parfois enrichie de baies séchées. Ne paie pas de mine, mais concentre dans un petit pain tout ce qu'il faut d'énergie pour tirer un traîneau par −40 °C.
Une barre dense de viande de bœuf séchée réduite en poudre, liée à la graisse fondue et parfois enrichie de baies séchées. Ne paie pas de mine, mais concentre dans un petit pain tout ce qu'il faut d'énergie pour tirer un traîneau par −40 °C.
Sur l'inlandsis, on ne mange pas pour le plaisir mais pour ne pas mourir de froid. Notre pemmican était notre vie : de la viande séchée, broyée fine, noyée dans la graisse chaude jusqu'à former une pâte qu'on laisse durcir au gel. On le mange tel quel, gelé, ou fondu dans l'eau de neige bouillie pour en faire une soupe épaisse, la « hoosh ». Croyez bien qu'après dix heures de marche dans le blizzard, ce bloc gras vaut tous les festins de Berlin.
- •Viande de bœuf maigre séchée — en grande part (protéine, base)
- •Graisse de bœuf (suif) — à parts presque égales (énergie, liant)
- •Baies séchées (airelles, groseilles) — une poignée (vitamines, acidité)
- •Sel — un peu (conservation, goût)
Pemmican de l'expédition du Groenland
Une barre dense de viande de bœuf séchée réduite en poudre, liée à la graisse fondue et parfois enrichie de baies séchées. Ne paie pas de mine, mais concentre dans un petit pain tout ce qu'il faut d'énergie pour tirer un traîneau par −40 °C.
Pourquoi ce plat ? Wegener mena plusieurs expéditions sur l'inlandsis du Groenland — la dernière, en 1930, lui fut fatale. Comme tous les explorateurs polaires de son temps, ses traîneaux étaient chargés de pemmican : viande séchée et graisse compressées, l'aliment le plus calorique et le plus durable que l'on connaisse pour survivre sur la glace.
Sur l'inlandsis, on ne mange pas pour le plaisir mais pour ne pas mourir de froid. Notre pemmican était notre vie : de la viande séchée, broyée fine, noyée dans la graisse chaude jusqu'à former une pâte qu'on laisse durcir au gel. On le mange tel quel, gelé, ou fondu dans l'eau de neige bouillie pour en faire une soupe épaisse, la « hoosh ». Croyez bien qu'après dix heures de marche dans le blizzard, ce bloc gras vaut tous les festins de Berlin.
Ingrédients (version d’époque)
- Viande de bœuf maigre séchée — en grande part (protéine, base)
- Graisse de bœuf (suif) — à parts presque égales (énergie, liant)
- Baies séchées (airelles, groseilles) — une poignée (vitamines, acidité)
- Sel — un peu (conservation, goût)
Ingrédients
- Bœuf maigre séché (façon viande des Grisons ou maison) — 250 g (base protéique)
- Suif de bœuf ou graisse de canard — 200 g (énergie, liant)
- Airelles ou cranberries séchées — 50 g (acidité, vitamines)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
- Poudre d'oignon (facultatif) — 1/2 c. à café (goût)
Préparation
- Séchez la viande très lentement au four (70 °C, porte entrouverte, 6-8 h) jusqu'à ce qu'elle soit cassante, puis broyez-la en poudre grossière.
- Faites fondre doucement le suif sans le brûler.
- Mélangez la poudre de viande, les baies hachées et le sel ; versez la graisse fondue peu à peu jusqu'à obtenir une pâte qui se tient.
- Tassez fermement dans un moule ou formez des barres, laissez figer au frais.
- Conservez bien enveloppé au frais ; se mange tel quel en rando, ou émietté dans de l'eau chaude pour une soupe rapide (« hoosh »).
Comment on faisait : Hérité des peuples des Premières Nations d'Amérique du Nord, le pemmican fut adopté par toutes les grandes expéditions polaires (Nansen, Scott, Wegener). On le calculait en rations quotidiennes par homme et par chien ; sa graisse, indispensable, fournissait le carburant que le froid extrême brûle à toute vitesse.
Le twist contemporain : Rebaptisé « barre énergie tectonique » pour le trek moderne : mêmes principes, moulé en plaquettes faciles à glisser dans une poche de doudoune.
Alfred Wegener · Charactorium