Ración de tasajo con plátano (viande séchée et plantain du fogón)
Lanières de bœuf séché et salé, dessalées puis effilochées, réchauffées avec du plantain rôti ou bouilli. Une nourriture dense, salée, faite pour tenir au corps sous la chaleur des plaines.
Lanières de bœuf séché et salé, dessalées puis effilochées, réchauffées avec du plantain rôti ou bouilli. Une nourriture dense, salée, faite pour tenir au corps sous la chaleur des plaines.
Permettez que je vous décrive l'ordinaire de nos plaines. Le bœuf, on le tranche mince comme une feuille, on le frotte de sel et on l'abandonne au soleil des llanos, qui le sèche en un jour tant l'air y est ardent — j'ai mesuré là des températures que l'Europe ignore. On le mange ainsi, effiloché, avec le plátano que le feu attendrit. Croyez-moi, l'homme qui veut observer la nature doit savoir se passer des délices de la table ; cette ración m'a porté des journées entières sans que j'y songeasse davantage.
- •Viande de bœuf séchée et salée (tasajo) — une poignée par homme (base protéinée de conservation)
- •Plantain mûr — selon disponibilité (féculent rassasiant)
- •Sel — abondant pour la conservation (agent de séchage)
- •Graisse de bœuf — un peu (matière grasse de cuisson)
Ración de tasajo con plátano (viande séchée et plantain du fogón)
Lanières de bœuf séché et salé, dessalées puis effilochées, réchauffées avec du plantain rôti ou bouilli. Une nourriture dense, salée, faite pour tenir au corps sous la chaleur des plaines.
Pourquoi ce plat ? Sa fiche le dit : dans les llanos vénézuéliens, Humboldt se nourrissait de viande séchée et de plantain, frugalement, supportant les privations. Le tasajo (bœuf salé et séché au soleil) accompagné de plátano était la ración ordinaire des llaneros qui l'escortaient entre Calabozo et l'Orénoque en 1800.
Permettez que je vous décrive l'ordinaire de nos plaines. Le bœuf, on le tranche mince comme une feuille, on le frotte de sel et on l'abandonne au soleil des llanos, qui le sèche en un jour tant l'air y est ardent — j'ai mesuré là des températures que l'Europe ignore. On le mange ainsi, effiloché, avec le plátano que le feu attendrit. Croyez-moi, l'homme qui veut observer la nature doit savoir se passer des délices de la table ; cette ración m'a porté des journées entières sans que j'y songeasse davantage.
Ingrédients (version d’époque)
- Viande de bœuf séchée et salée (tasajo) — une poignée par homme (base protéinée de conservation)
- Plantain mûr — selon disponibilité (féculent rassasiant)
- Sel — abondant pour la conservation (agent de séchage)
- Graisse de bœuf — un peu (matière grasse de cuisson)
Ingrédients
- Viande de bœuf séchée (bresaola, cecina ou tasajo si disponible) — 200 g (base protéinée)
- Plantains mûrs — 2 (féculent)
- Oignon — 1 (aromatique)
- Huile ou saindoux — 2 c. à soupe (cuisson)
- Eau — pour dessaler (réhydratation)
Préparation
- Si la viande est très salée, la faire tremper 1 à 2 h dans l'eau froide, en changeant l'eau une fois, puis l'égoutter.
- Effilocher la viande à la main ou la couper en fines lanières.
- Peler les plantains, les couper en biais et les faire dorer à la poêle dans l'huile chaude jusqu'à ce qu'ils soient fondants et caramélisés sur les bords.
- Faire revenir l'oignon émincé, ajouter la viande effilochée et la réchauffer 5 min en l'attendrissant.
- Servir la viande à côté du plantain, sans autre apprêt — c'est une nourriture de marche.
Comment on faisait : Dans les llanos, on ne disposait ni de fraîcheur ni de marché : le tasajo séché au soleil et au sel était la seule viande transportable sous les tropiques. Le plantain, importé d'Afrique aux Amériques au XVIe siècle, était déjà partout cultivé et constituait le pain des plaines. On cuisait sur un simple foyer de bois, le fogón.
Le twist contemporain : Servir l'effiloché sur le plantain écrasé en galette, façon « patacón », avec un trait de citron vert pour réveiller le sel.
Sources : Alexander von Humboldt, Relation historique du Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (1814-1825)
Alexander von Humboldt · Charactorium