La carte de Aliénor d'Aquitaine
Blanc-manger de chapon au lait d'amandes
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Mets de prestige du service (l'assiette des grandes tables)

Blanc-manger de chapon au lait d'amandes

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Mets de prestige du service (l'assiette des grandes tables)

Blanc-manger de chapon au lait d'amandes

Pourquoi ce plat ? Plat-roi des banquets seigneuriaux, le blanc-manger affiche par sa blancheur immaculée, ses amandes et son sucre — denrées rarissimes et coûteuses — le rang et la richesse de l'hôtesse. Pour une reine de France puis d'Angleterre comme Aliénor, c'est le mets qui honore les invités de marque.

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Mets de prestige du service (l'assiette des grandes tables)

Une fine bouillie blanche de blanc de chapon effiloché, mijoté dans du lait d'amandes et du riz, sucrée et parfois piquée de safran ou d'amandes grillées. Délicat, à la lisière du salé et du sucré, c'est l'élégance médiévale par excellence.

Voici le mets dont je pare ma table quand je reçois ceux qu'il faut honorer. Tout y doit être blanc, entendez-vous, blanc comme neige : le chapon le plus tendre effilé bien menu, noyé dans le lait d'amandes et le riz, et sucré d'un sucre que l'on fait venir de fort loin. On le dresse en monceau, semé d'amandes frites et, si l'on veut éblouir, d'un côté doré au safran. Qui sert ce plat dit sans un mot la grandeur de sa maison.
Aliénor d'Aquitaine
Ingrédients
  • Blanc de chaponla chair d'une volaille (protéine effilochée)
  • Amandesune bonne mesure (lait d'amandes)
  • Rizune poignée (liaison épaissante)
  • Sucreà discrétion (denrée de luxe) (douceur)
  • Safranquelques filaments (facultatif, pour la moitié dorée) (couleur et parfum)
  • Amandes mondées fritesune poignée (décor croquant)
Comment on faisait : Le blanc-manger (de l'ancien français, « manger blanc ») se retrouve dans presque tous les livres de cuisine médiévaux d'Europe, du Viandier au Forme of Cury anglais — un répertoire que la cour anglo-angevine d'Aliénor connaissait des deux côtés de la Manche. La virtuosité tenait à obtenir une blancheur parfaite. C'est l'ancêtre lointain du dessert qui porte aujourd'hui ce nom, à l'époque où le sucre était une épice.

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