La carte de Alphonse Daudet
Plat-fête à partager (le « gros souper » convivial provençal)

Le grand aïoli du dimanche

FestifDocumentée🧂 🍄moyen50 min

Une généreuse sauce dorée à l'ail et à l'huile d'olive, montée à la main au mortier, servie au centre de la table avec morue pochée, escargots, œufs durs et légumes du potager. Chacun se sert : c'est un repas de partage qui dure tout l'après-midi.

Plat-fête à partager (le « gros souper » convivial provençal)

Une généreuse sauce dorée à l'ail et à l'huile d'olive, montée à la main au mortier, servie au centre de la table avec morue pochée, escargots, œufs durs et légumes du potager. Chacun se sert : c'est un repas de partage qui dure tout l'après-midi.

Ah, mon ami, asseyez-vous donc et ôtez votre veste, car l'aïoli ne se prend pas à la sauvette ! Du temps de mon moulin, quand sonnait midi, on pilait l'ail dans le grand mortier de buis et l'on versait l'huile goutte à goutte, le poignet ferme, jusqu'à ce que la sauce prenne couleur de soleil. Tout le village venait y tremper sa morue et ses fèves, et l'on parlait, et l'on riait, et ma pipe s'éteignait dix fois sans que j'y prisse garde. Croyez-moi, c'est là toute la Provence dans une cuillerée : il faut du temps, de l'ail et le cœur en joie.
Alphonse Daudet
Ingrédients
  • Ail rose du Midiune belle tête (base aromatique pilée au mortier)
  • Huile d'olive de Provenceun bon bol (corps de la sauce, montée goutte à goutte)
  • Jaune d'œuf fraisun ou deux (liant)
  • Morue salée dessaléeà volonté (poisson de partage)
  • Légumes du potager (carottes, fèves, haricots verts)selon la saison (garniture pochée)
  • Œufs durs et escargotsselon les convives (accompagnements traditionnels)
Comment on faisait : Au XIXe siècle, l'aïoli se montait exclusivement à la main, au mortier, et donnait son nom à tout le repas (« un aïoli »). C'était le plat des fêtes votives et des dimanches de village, symbole du Midi qu'on servait en grande tablée.
Sources : J.-B. Reboul, La Cuisinière provençale (1897)