Café Touba
Un café noir infusé avec le poivre de Sélim (djar) et parfois des clous de girofle, qui lui donnent une amertume chaleureuse et un parfum poivré-boisé unique. Servi très sucré, dans de petits gobelets.
Un café noir infusé avec le poivre de Sélim (djar) et parfois des clous de girofle, qui lui donnent une amertume chaleureuse et un parfum poivré-boisé unique. Servi très sucré, dans de petits gobelets.
Quand la nuit s'étire et que les mots se font attendre, je me prépare un café Touba. Ce n'est pas un café ordinaire : on y marie le grain torréfié au djar, ce poivre de Sélim au goût de bois et de fumée, qui réchauffe la gorge autrement que le piment. Les vendeurs des rues de Dakar le versent de très haut, en un fil mousseux, pour le faire chanter. Bien sucré, il vous tient l'esprit en éveil et délie la langue — et croyez-moi, pour tenir une conversation jusqu'à l'aube ou finir un chapitre rétif, il n'y a pas meilleur compagnon.
- •Café vert torréfié — une poignée (base)
- •Poivre de Sélim (djar) — quelques gousses (épice signature)
- •Clous de girofle — quelques-uns (épice)
- •Sucre — généreux (douceur)
Café Touba
Un café noir infusé avec le poivre de Sélim (djar) et parfois des clous de girofle, qui lui donnent une amertume chaleureuse et un parfum poivré-boisé unique. Servi très sucré, dans de petits gobelets.
Pourquoi ce plat ? Café épicé emblématique du Sénégal, lié à la confrérie mouride de Touba, qu'on boit au coin de la rue comme à la maison pour accompagner la conversation. Pour une écrivaine, c'est la boisson des veillées de travail et des longues discussions — le breuvage qui tient éveillé l'esprit et la parole.
Quand la nuit s'étire et que les mots se font attendre, je me prépare un café Touba. Ce n'est pas un café ordinaire : on y marie le grain torréfié au djar, ce poivre de Sélim au goût de bois et de fumée, qui réchauffe la gorge autrement que le piment. Les vendeurs des rues de Dakar le versent de très haut, en un fil mousseux, pour le faire chanter. Bien sucré, il vous tient l'esprit en éveil et délie la langue — et croyez-moi, pour tenir une conversation jusqu'à l'aube ou finir un chapitre rétif, il n'y a pas meilleur compagnon.
Ingrédients (version d’époque)
- Café vert torréfié — une poignée (base)
- Poivre de Sélim (djar) — quelques gousses (épice signature)
- Clous de girofle — quelques-uns (épice)
- Sucre — généreux (douceur)
Ingrédients
- Café moulu (torréfaction foncée) — 4 c. à soupe (base)
- Poivre de Sélim (djar / poivre de Guinée) — 4-5 gousses moulues (épice signature)
- Clous de girofle — 2-3 (épice)
- Sucre — selon le goût, généreux (douceur)
- Eau — 60 cl (infusion)
Préparation
- Torréfier brièvement les gousses de poivre de Sélim à sec, puis les moudre avec un peu de café.
- Mélanger café moulu, poivre de Sélim et girofle moulus.
- Verser de l'eau frémissante sur le mélange et laisser infuser quelques minutes.
- Filtrer finement (filtre à café ou linge), idéalement en versant de haut pour faire mousser.
- Sucrer généreusement et servir bien chaud dans de petits gobelets.
Comment on faisait : Le café Touba doit son nom et sa recette à Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride au tournant du XXe siècle, qui aurait associé le café au poivre de Sélim. Traditionnellement, les grains et les épices étaient pilés ensemble au mortier, infusés puis filtrés dans un linge, et le café se vend depuis dans la rue à toute heure.
Le twist contemporain : Servi glacé sur glaçons avec un nuage de lait concentré, façon « cold brew Touba » des cafés branchés de Dakar.
Aminata Sow Fall · Charactorium