La carte de Ann Putnam
Pain de superstition (la galette du contre-sort)

Galette de seigle, en mémoire du witch cake

RemèdeÉvocationfacile30 min

Une galette plate et dense de farine de seigle cuite sur la pierre de l'âtre, à la mie serrée et au goût rustique légèrement amer. Un pain de pauvre, sans levain, qui porte la mémoire d'une superstition.

Pain de superstition (la galette du contre-sort)

Une galette plate et dense de farine de seigle cuite sur la pierre de l'âtre, à la mie serrée et au goût rustique légèrement amer. Un pain de pauvre, sans levain, qui porte la mémoire d'une superstition.

De cette galette-là, je te parle le front bas, car son nom me ramène à mes douze ans et à de bien sombres jours. On disait alors qu'une pâte de seigle, mêlée selon de mauvais usages que je n'oserai redire, démasquerait qui nous tourmentait — folie que le révérend Parris dénonça du haut de sa chaire comme un recours au Malin pour combattre le Malin. Sache-le donc : ceci n'est pas ce maléfice, mais seulement le seigle honnête de nos champs, pétri d'eau et cuit sur la pierre chaude. Romps-en un morceau, et prie pour les âmes que ma jeunesse égarée a fait souffrir.
Ann Putnam
Ingrédients
  • Farine de seigledeux poignées (céréale rustique)
  • Eaude quoi lier (liant)
  • Selune pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : Le véritable witch cake de Salem relevait de la magie populaire de contre-sorcellerie, pas de la cuisine : on y mêlait de la farine de seigle à l'urine des « ensorcelées » avant de le donner à un chien, dans l'idée d'identifier la sorcière. L'Église puritaine y voyait elle-même un péché. La galette présentée ici n'en garde que la céréale — le seigle, pain ordinaire des familles modestes de Nouvelle-Angleterre, souvent mêlé au maïs en « rye and Indian bread ».
Sources : Marilynne K. Roach, The Salem Witch Trials: A Day-by-Day Chronicle (2002) · Sandra L. Oliver, Food in Colonial and Federal America (2005)

Voir aussi