Galette de seigle, en mémoire du witch cake
Une galette plate et dense de farine de seigle cuite sur la pierre de l'âtre, à la mie serrée et au goût rustique légèrement amer. Un pain de pauvre, sans levain, qui porte la mémoire d'une superstition.
Une galette plate et dense de farine de seigle cuite sur la pierre de l'âtre, à la mie serrée et au goût rustique légèrement amer. Un pain de pauvre, sans levain, qui porte la mémoire d'une superstition.
De cette galette-là, je te parle le front bas, car son nom me ramène à mes douze ans et à de bien sombres jours. On disait alors qu'une pâte de seigle, mêlée selon de mauvais usages que je n'oserai redire, démasquerait qui nous tourmentait — folie que le révérend Parris dénonça du haut de sa chaire comme un recours au Malin pour combattre le Malin. Sache-le donc : ceci n'est pas ce maléfice, mais seulement le seigle honnête de nos champs, pétri d'eau et cuit sur la pierre chaude. Romps-en un morceau, et prie pour les âmes que ma jeunesse égarée a fait souffrir.
- •Farine de seigle — deux poignées (céréale rustique)
- •Eau — de quoi lier (liant)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
Galette de seigle, en mémoire du witch cake
Une galette plate et dense de farine de seigle cuite sur la pierre de l'âtre, à la mie serrée et au goût rustique légèrement amer. Un pain de pauvre, sans levain, qui porte la mémoire d'une superstition.
Pourquoi ce plat ? En février 1692, à Salem Village, une voisine fit confectionner par l'esclave Tituba un « witch cake » de farine de seigle censé révéler qui ensorcelait les fillettes — dont Ann. Ce geste de magie populaire, condamné par le révérend Parris en chaire, fut l'une des étincelles des procès. La galette évoquée ici est honnête : ce n'est PAS le rituel (le vrai witch cake n'était pas un mets), mais un humble pain de seigle qui rappelle ce moment trouble de sa vie.
De cette galette-là, je te parle le front bas, car son nom me ramène à mes douze ans et à de bien sombres jours. On disait alors qu'une pâte de seigle, mêlée selon de mauvais usages que je n'oserai redire, démasquerait qui nous tourmentait — folie que le révérend Parris dénonça du haut de sa chaire comme un recours au Malin pour combattre le Malin. Sache-le donc : ceci n'est pas ce maléfice, mais seulement le seigle honnête de nos champs, pétri d'eau et cuit sur la pierre chaude. Romps-en un morceau, et prie pour les âmes que ma jeunesse égarée a fait souffrir.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine de seigle — deux poignées (céréale rustique)
- Eau — de quoi lier (liant)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Farine de seigle — 200 g (céréale rustique)
- Eau tiède — 120 ml (liant)
- Sel — 1/2 c. à café (assaisonnement)
- Un peu de farine de maïs — 2 c. à soupe (facultatif, façon « rye and Indian ») (douceur et tenue)
Préparation
- Mélanger la farine de seigle (et la farine de maïs si utilisée) avec le sel.
- Ajouter l'eau tiède peu à peu et travailler en une pâte ferme mais souple, sans levain.
- Façonner une galette plate d'environ 1 cm d'épaisseur.
- Cuire sur une pierre ou une poêle en fonte bien chaude, à sec, environ 6 à 8 min de chaque côté, jusqu'à ce qu'elle soit prise et tachée de brun.
- Laisser tiédir et rompre à la main. Se mange nature, ou tartinée d'un peu de gras.
Comment on faisait : Le véritable witch cake de Salem relevait de la magie populaire de contre-sorcellerie, pas de la cuisine : on y mêlait de la farine de seigle à l'urine des « ensorcelées » avant de le donner à un chien, dans l'idée d'identifier la sorcière. L'Église puritaine y voyait elle-même un péché. La galette présentée ici n'en garde que la céréale — le seigle, pain ordinaire des familles modestes de Nouvelle-Angleterre, souvent mêlé au maïs en « rye and Indian bread ».
Le twist contemporain : Servez la galette tiède, juste fendue, avec une noix de beurre salé — et racontez à table la part d'ombre des superstitions de 1692, en gardant la mémoire des accusés plutôt que des accusateurs.
Sources : Marilynne K. Roach, The Salem Witch Trials: A Day-by-Day Chronicle (2002) · Sandra L. Oliver, Food in Colonial and Federal America (2005)
Ann Putnam · Charactorium
