La carte de Ann Putnam
Galette de seigle, en mémoire du witch cake
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Pain de superstition (la galette du contre-sort)

Galette de seigle, en mémoire du witch cake

RemèdeÉvocationfacile30 min
Pain de superstition (la galette du contre-sort)

Galette de seigle, en mémoire du witch cake

Pourquoi ce plat ? En février 1692, à Salem Village, une voisine fit confectionner par l'esclave Tituba un « witch cake » de farine de seigle censé révéler qui ensorcelait les fillettes — dont Ann. Ce geste de magie populaire, condamné par le révérend Parris en chaire, fut l'une des étincelles des procès. La galette évoquée ici est honnête : ce n'est PAS le rituel (le vrai witch cake n'était pas un mets), mais un humble pain de seigle qui rappelle ce moment trouble de sa vie.

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Pain de superstition (la galette du contre-sort)

Une galette plate et dense de farine de seigle cuite sur la pierre de l'âtre, à la mie serrée et au goût rustique légèrement amer. Un pain de pauvre, sans levain, qui porte la mémoire d'une superstition.

De cette galette-là, je te parle le front bas, car son nom me ramène à mes douze ans et à de bien sombres jours. On disait alors qu'une pâte de seigle, mêlée selon de mauvais usages que je n'oserai redire, démasquerait qui nous tourmentait — folie que le révérend Parris dénonça du haut de sa chaire comme un recours au Malin pour combattre le Malin. Sache-le donc : ceci n'est pas ce maléfice, mais seulement le seigle honnête de nos champs, pétri d'eau et cuit sur la pierre chaude. Romps-en un morceau, et prie pour les âmes que ma jeunesse égarée a fait souffrir.
Ann Putnam
Ingrédients
  • Farine de seigledeux poignées (céréale rustique)
  • Eaude quoi lier (liant)
  • Selune pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : Le véritable witch cake de Salem relevait de la magie populaire de contre-sorcellerie, pas de la cuisine : on y mêlait de la farine de seigle à l'urine des « ensorcelées » avant de le donner à un chien, dans l'idée d'identifier la sorcière. L'Église puritaine y voyait elle-même un péché. La galette présentée ici n'en garde que la céréale — le seigle, pain ordinaire des familles modestes de Nouvelle-Angleterre, souvent mêlé au maïs en « rye and Indian bread ».
Sources : Marilynne K. Roach, The Salem Witch Trials: A Day-by-Day Chronicle (2002) · Sandra L. Oliver, Food in Colonial and Federal America (2005)

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