Hasty pudding — bouillie de farine de maïs à la mélasse
Une bouillie épaisse et lisse de farine de maïs cuite dans l'eau bouillante salée, qu'on nappe d'un filet de mélasse sombre. Douce, réconfortante, couleur de miel brûlé.
Une bouillie épaisse et lisse de farine de maïs cuite dans l'eau bouillante salée, qu'on nappe d'un filet de mélasse sombre. Douce, réconfortante, couleur de miel brûlé.
Approche, et ne crains rien de ce pauvre plat. Ma mère faisait pleuvoir le blé d'Inde d'une main dans l'eau qui bout, et de l'autre tournait sans repos la cuiller de bois, car gare aux grumeaux — une bouillie grumeleuse, disait-elle, est l'ouvrage d'une fille paresseuse, et le Seigneur voit la paresse. On la laissait épaissir jusqu'à tenir debout la cuiller, puis un trait de mélasse des Indes, et l'on rendait grâce avant d'y toucher. Par les matins de gel, ce bol-là m'a tenu chaud le corps quand rien ne tenait chaud mon âme.
- •Farine de maïs (Indian meal) — à volonté (céréale de la bouillie)
- •Eau de source — le triple du volume de farine (cuisson)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
- •Mélasse des Antilles — un filet (douceur)
Hasty pudding — bouillie de farine de maïs à la mélasse
Une bouillie épaisse et lisse de farine de maïs cuite dans l'eau bouillante salée, qu'on nappe d'un filet de mélasse sombre. Douce, réconfortante, couleur de miel brûlé.
Pourquoi ce plat ? C'est le déjeuner de chaque matin dans une ferme de Salem Village, avant la traite et la prière. La petite Ann, douzième année à peine, en avalait un bol fumant avant de partir au catéchisme : une nourriture pauvre, prompte à faire (hasty = hâtive) et qui tient au ventre par les froids matins du Massachusetts.
Approche, et ne crains rien de ce pauvre plat. Ma mère faisait pleuvoir le blé d'Inde d'une main dans l'eau qui bout, et de l'autre tournait sans repos la cuiller de bois, car gare aux grumeaux — une bouillie grumeleuse, disait-elle, est l'ouvrage d'une fille paresseuse, et le Seigneur voit la paresse. On la laissait épaissir jusqu'à tenir debout la cuiller, puis un trait de mélasse des Indes, et l'on rendait grâce avant d'y toucher. Par les matins de gel, ce bol-là m'a tenu chaud le corps quand rien ne tenait chaud mon âme.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine de maïs (Indian meal) — à volonté (céréale de la bouillie)
- Eau de source — le triple du volume de farine (cuisson)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
- Mélasse des Antilles — un filet (douceur)
Ingrédients
- Semoule de maïs fine (polenta) — 120 g (céréale de la bouillie)
- Eau — 600 ml (cuisson)
- Sel — 1/2 c. à café (assaisonnement)
- Mélasse (ou sirop de canne foncé) — 2 c. à soupe (douceur)
- Beurre — 1 noix (facultatif) (rondeur moderne)
Préparation
- Porter l'eau salée à ébullition dans une casserole à fond épais.
- Verser la semoule de maïs en pluie fine d'une main en fouettant de l'autre, sans cesser, pour éviter les grumeaux.
- Baisser le feu et cuire 15 à 20 min en remuant souvent, jusqu'à ce que la bouillie soit très épaisse et tienne sur la cuiller.
- Verser dans un bol, creuser un puits et y faire couler la mélasse. Ajouter une noix de beurre si on le souhaite.
- Servir brûlant.
Comment on faisait : Le hasty pudding était le plat le plus universel des foyers coloniaux de Nouvelle-Angleterre. On le cuisait dans le chaudron de fonte de l'âtre ; les restes refroidis se découpaient en tranches que l'on faisait frire le lendemain. La mélasse remplaçait le sucre, trop cher pour une famille de fermiers.
Le twist contemporain : Versez la bouillie chaude dans un moule, laissez prendre une nuit, tranchez et poêlez au beurre : vous obtenez les « fried mush » dorés, ancêtres directs du petit-déjeuner américain.
Sources : Sandra L. Oliver, Food in Colonial and Federal America (2005) · Amelia Simmons, American Cookery (1796) — recettes héritées de la période coloniale
Ann Putnam · Charactorium
