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Pommes de terre au lard et au cidre
Pourquoi ce plat ? Au-dessus du café-épicerie d'Yvetot, on mangeait simple et vite. Pommes de terre, lard et un fond de cidre : c'est le repas ordinaire du milieu populaire qu'Ernaux décrit avec tant de lucidité dans La Place.
Un plat unique de pommes de terre fondantes, rissolées avec des lardons et des oignons, déglacées au cidre brut. Rustique, nourrissant, sans façon.
Chez nous, au-dessus de l'épicerie, on ne faisait pas de manières. Les pommes de terre, le lard, un fond de cidre tiré au tonneau, c'était le repas du soir, celui qu'on avalait vite avant de rouvrir la boutique. Ma mère coupait le lard épais, sans jamais le peser. Je revois la poêle noire et l'odeur grasse qui montait dans la cuisine. On disait que c'était nourrissant, et nourrissant voulait dire qu'on n'avait pas honte d'avoir faim.
- •Pommes de terre du jardin — un bon saladier (base)
- •Lard de poitrine salé — un morceau (gras et sel)
- •Oignons — deux ou trois (fond aromatique)
- •Cidre brut fermier — un grand verre (déglaçage)
- •Beurre — une noix (cuisson)
Pommes de terre au lard et au cidre
Un plat unique de pommes de terre fondantes, rissolées avec des lardons et des oignons, déglacées au cidre brut. Rustique, nourrissant, sans façon.
Pourquoi ce plat ? Au-dessus du café-épicerie d'Yvetot, on mangeait simple et vite. Pommes de terre, lard et un fond de cidre : c'est le repas ordinaire du milieu populaire qu'Ernaux décrit avec tant de lucidité dans La Place.
Chez nous, au-dessus de l'épicerie, on ne faisait pas de manières. Les pommes de terre, le lard, un fond de cidre tiré au tonneau, c'était le repas du soir, celui qu'on avalait vite avant de rouvrir la boutique. Ma mère coupait le lard épais, sans jamais le peser. Je revois la poêle noire et l'odeur grasse qui montait dans la cuisine. On disait que c'était nourrissant, et nourrissant voulait dire qu'on n'avait pas honte d'avoir faim.
Ingrédients (version d’époque)
- Pommes de terre du jardin — un bon saladier (base)
- Lard de poitrine salé — un morceau (gras et sel)
- Oignons — deux ou trois (fond aromatique)
- Cidre brut fermier — un grand verre (déglaçage)
- Beurre — une noix (cuisson)
Ingrédients
- Pommes de terre à chair ferme — 800 g (base)
- Lardons fumés (ou poitrine en dés) — 200 g (gras et sel)
- Oignons — 2 moyens (fond aromatique)
- Cidre brut — 20 cl (déglaçage)
- Beurre — 30 g (cuisson)
- Poivre, persil — au goût (assaisonnement)
Préparation
- Épluchez les pommes de terre et coupez-les en gros cubes. Émincez les oignons.
- Faites rissoler les lardons dans le beurre jusqu'à ce qu'ils colorent, puis ajoutez les oignons.
- Ajoutez les pommes de terre, faites-les dorer quelques minutes en remuant.
- Versez le cidre, couvrez et laissez cuire à feu doux 25 à 30 minutes, jusqu'à ce que les pommes de terre soient fondantes et le jus presque absorbé.
- Poivrez (le lard sale déjà), parsemez de persil et servez brûlant.
Comment on faisait : Dans les foyers modestes de Normandie, le plat unique faisait le repas du soir : un féculent du jardin, un peu de cochon salé pour le goût, et le cidre maison qui remplaçait le vin absent du pays. On ne pesait rien, on cuisinait à l'œil et selon ce qu'il restait.
Le twist contemporain : Une cuillère de crème fraîche d'Isigny au dernier moment et quelques brins de cerfeuil transforment ce plat de pauvre en assiette de bistrot.
Sources : Annie Ernaux, La Place, Gallimard, 1983
Annie Ernaux · Charactorium





