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Quenelles de brochet à la lyonnaise, sauce à l'huile
Pourquoi ce plat ? Né à Lyon, Pallière a grandi avec la cuisine des bouchons et des tables bourgeoises de la ville. La quenelle de brochet, fierté lyonnaise faite de poisson et non de viande, pouvait sans peine être préparée dans le respect des règles alimentaires qu'il observait — un plat de chez lui qui ne trahissait pas sa fidélité nouvelle.
Une mousse légère de brochet pochée, tendre comme un nuage, servie d'une sauce où l'huile remplace discrètement le beurre. Le goût de l'enfance lyonnaise, accordé à une conscience adulte.
Voyez-vous, je suis né au bord de la Saône, et la quenelle est de ces choses que l'on porte en soi sans y songer. Ma mère la voulait fine, presque aérienne ; on battait longuement la chair du brochet, on la poussait au tamis, et il fallait que la pâte tînt à la cuillère sans jamais s'alourdir. Le jour où j'ai voulu garder table ouverte pour mes amis de la synagogue, j'ai simplement écarté le beurre et pris l'huile d'olive : le plat de mon pays ne perdait rien, et il pouvait accueillir tout le monde. C'est, je crois, une petite parabole de toute ma vie.
- •Chair de brochet — une belle pièce (base de la mousse)
- •Panade (farine cuite à l'eau) — selon la chair (liant)
- •Œufs — quelques-uns (tenue et moelleux)
- •Huile d'olive — à discrétion (matière grasse parve)
- •Muscade, sel, poivre — une pincée (assaisonnement)
Quenelles de brochet à la lyonnaise, sauce à l'huile
Une mousse légère de brochet pochée, tendre comme un nuage, servie d'une sauce où l'huile remplace discrètement le beurre. Le goût de l'enfance lyonnaise, accordé à une conscience adulte.
Pourquoi ce plat ? Né à Lyon, Pallière a grandi avec la cuisine des bouchons et des tables bourgeoises de la ville. La quenelle de brochet, fierté lyonnaise faite de poisson et non de viande, pouvait sans peine être préparée dans le respect des règles alimentaires qu'il observait — un plat de chez lui qui ne trahissait pas sa fidélité nouvelle.
Voyez-vous, je suis né au bord de la Saône, et la quenelle est de ces choses que l'on porte en soi sans y songer. Ma mère la voulait fine, presque aérienne ; on battait longuement la chair du brochet, on la poussait au tamis, et il fallait que la pâte tînt à la cuillère sans jamais s'alourdir. Le jour où j'ai voulu garder table ouverte pour mes amis de la synagogue, j'ai simplement écarté le beurre et pris l'huile d'olive : le plat de mon pays ne perdait rien, et il pouvait accueillir tout le monde. C'est, je crois, une petite parabole de toute ma vie.
Ingrédients (version d’époque)
- Chair de brochet — une belle pièce (base de la mousse)
- Panade (farine cuite à l'eau) — selon la chair (liant)
- Œufs — quelques-uns (tenue et moelleux)
- Huile d'olive — à discrétion (matière grasse parve)
- Muscade, sel, poivre — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Filet de brochet (ou sandre) — 400 g (base de la mousse)
- Farine — 120 g (panade)
- Eau — 250 ml (panade)
- Œufs — 3 (liant et moelleux)
- Huile d'olive douce — 6 c. à soupe (matière grasse parve)
- Bouillon de poisson — 500 ml (sauce)
- Muscade, sel, poivre blanc — à doser (assaisonnement)
Préparation
- Préparer la panade : porter l'eau à ébullition avec une pincée de sel, jeter la farine d'un coup et dessécher à la spatule jusqu'à former une boule lisse. Laisser refroidir.
- Mixer la chair de brochet bien froide, puis incorporer la panade, les œufs un à un et l'huile d'olive en filet jusqu'à obtenir une mousse souple et homogène. Assaisonner de muscade, sel et poivre.
- Façonner des quenelles à l'aide de deux cuillères trempées dans l'eau chaude.
- Pocher 8 à 10 min dans le bouillon frémissant (jamais bouillant) : les quenelles doivent gonfler et remonter.
- Réduire un peu de bouillon avec un filet d'huile pour une sauce légère, napper et servir aussitôt.
Comment on faisait : À Lyon, on liait traditionnellement la quenelle au beurre et on la nappait d'une sauce Nantua au beurre d'écrevisses. Le choix de l'huile d'olive, pour une table respectueuse des règles juives, écarte le beurre afin de ne jamais associer lait et chair lors d'un même repas carné — ici la précaution est surtout d'usage et de cohérence.
Le twist contemporain : Servez les quenelles sur un trait de bouillon clair parfumé à l'aneth, dans une assiette creuse blanche : la sobriété d'une page d'écrivain.
Aimé Pallière · Charactorium





