La carte de Azrael
Douceur du seuil (mets distribué pour adoucir la mémoire du défunt)

Hays aux dattes du passage

FestifDocumentée🍯facile30 min

Une pâte dense et fondante de dattes dénoyautées pétrie avec du beurre clarifié, de la chapelure et un peu de fromage frais, roulée en petites boules parfumées à la cannelle. Sucré, riche, réconfortant — la douceur que l'on partage quand la mort a frappé.

Douceur du seuil (mets distribué pour adoucir la mémoire du défunt)

Une pâte dense et fondante de dattes dénoyautées pétrie avec du beurre clarifié, de la chapelure et un peu de fromage frais, roulée en petites boules parfumées à la cannelle. Sucré, riche, réconfortant — la douceur que l'on partage quand la mort a frappé.

Vois la datte : je la place sur les lèvres de l'enfant qui vient de naître, et je la retrouve sur la table de ceux qui pleurent le défunt — car le seuil de la vie et celui de la mort sont une même porte, et je me tiens des deux côtés. À Bagdad, les mains pieuses pétrissaient ces dattes de beurre fondu et de pain émietté, les roulaient en boules sous mon regard, et les donnaient aux pauvres au nom de celui que j'avais emporté. Goûte cette douceur, mortel : elle est offerte pour que mon passage soit moins amer.
Azrael
Ingrédients
  • Dattes mûres dénoyautéesdeux grandes poignées (base sucrée du seuil)
  • Beurre clarifié (samn)un bon morceau fondu (liant gras)
  • Mie de pain séchée et broyée (fatit)une poignée (texture)
  • Fromage frais cailléune cuillerée (moelleux)
  • Cannelleune pincée (parfum)
Comment on faisait : Le hays figure dans le Kitāb al-Ṭabīkh d'al-Warrāq (Bagdad, Xe siècle), recueil des cuisines des califes : dattes pétries de beurre, de chapelure (fatit) et parfois de fromage ou d'amandes. C'était un mets des grandes occasions, y compris les commémorations funéraires, où la distribution de douceurs en aumône (sadaqa) au nom du défunt était une pratique courante.
Sources : al-Warrāq, Kitāb al-Ṭabīkh (Bagdad, Xe siècle) · Charles Perry (trad.), Annals of the Caliphs' Kitchens (2007) · Maxime Rodinson, Recherches sur les documents arabes relatifs à la cuisine (1949)

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