羹 (gēng) — le potage-socle qui accompagne le grain
Gēng de mauve au millet et aux fèves fermentées
QuotidienReconstitution🧂 🍄facile35 min
Un potage vert et réconfortant : feuilles de mauve fondues dans un bouillon, liées au millet, relevées de gingembre et d'une poignée de fèves de soja fermentées. Le plat ordinaire d'une table lettrée, modeste mais soigné.
Pourquoi ce plat ? La mauve (kuí) était LE légume-feuille du quotidien sous les Han, cité partout dans les traités agricoles. Pour Ban Zhao, qui prônait dans ses Leçons la frugalité et la diligence domestique, ce potage simple et nourrissant incarne le repas vertueux d'une maisonnée bien tenue, loin du faste des banquets.
Approchez votre plateau, et ne dédaignez pas ce potage parce qu'il est humble. La femme de bien se reconnaît à ce qu'elle sait nourrir les siens sans gaspiller : un peu de mauve cueillie au matin, le millet de la veille, quelques fèves noires que l'on garde dans leur jarre. Je fais fondre les feuilles tout doucement, j'ajoute le gingembre pour réchauffer le ventre, et je laisse les fèves rendre leur force. Mangez avec respect ; c'est dans ces petites choses tenues avec constance que se cultive la vertu.
Ingrédients
- •Feuilles de mauve (kuí) — une bonne brassée (légume-feuille central)
- •Millet décortiqué — un bol (liaison et nourriture)
- •Fèves de soja fermentées (dòuchǐ) — une poignée (umami salé, signature)
- •Gingembre frais — un morceau (chaleur, parfum)
- •Ciboule — quelques brins (fraîcheur)
- •Sel — selon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : On cultivait la mauve (Malva verticillata) dans tous les potagers Han ; le Qimin Yaoshu (traité agricole légèrement postérieur) en détaille la culture. Le gēng était cuit longuement dans une marmite de terre ou de bronze posée sur un foyer bas, et lié au grain plutôt qu'à de la farine. Les dòuchǐ apportaient le salé fermenté avant que la sauce de soja liquide n'existe.