Thé fouetté à la mode des Song (点茶, diǎn chá)
Du thé vert réduit en fine poudre, battu à l'eau chaude avec un fouet de bambou jusqu'à former une mousse blanche et serrée. Amer, vif, vert profond : la boisson-rituel des lettrés et des artisans Song, bue à même le bol.
Du thé vert réduit en fine poudre, battu à l'eau chaude avec un fouet de bambou jusqu'à former une mousse blanche et serrée. Amer, vif, vert profond : la boisson-rituel des lettrés et des artisans Song, bue à même le bol.
Entre deux planches, je pose mes types et je prépare mon bol — c'est le moment que je préfère du jour. Je réduis la galette de thé en poudre fine comme la poussière d'argile, j'en mets une pointe au fond, je verse l'eau chaude par petites fois et je bats au fouet de bambou jusqu'à ce qu'une mousse blanche monte et tienne, serrée comme neige fraîche. L'amertume me réveille l'esprit et la main ; un bon thé, vois-tu, se juge à sa mousse autant qu'au tirage d'une page à son encre. Bois-le pendant qu'il fume, ami, et l'ouvrage te paraîtra plus léger.
- •Galette de thé vert pressé, réduite en poudre — une pointe (thé)
- •Eau de source frémissante (non bouillante) — un bol (infusion)
Thé fouetté à la mode des Song (点茶, diǎn chá)
Du thé vert réduit en fine poudre, battu à l'eau chaude avec un fouet de bambou jusqu'à former une mousse blanche et serrée. Amer, vif, vert profond : la boisson-rituel des lettrés et des artisans Song, bue à même le bol.
Pourquoi ce plat ? Le texte même qui a immortalisé Bi Sheng nous le dit : le thé est l'âme des Song, et chaque pause de sa journée de graveur s'accompagne d'un bol fouetté jusqu'à la mousse. Cet art du diancha, contemporain de sa vie, est l'ancêtre direct du matcha japonais.
Entre deux planches, je pose mes types et je prépare mon bol — c'est le moment que je préfère du jour. Je réduis la galette de thé en poudre fine comme la poussière d'argile, j'en mets une pointe au fond, je verse l'eau chaude par petites fois et je bats au fouet de bambou jusqu'à ce qu'une mousse blanche monte et tienne, serrée comme neige fraîche. L'amertume me réveille l'esprit et la main ; un bon thé, vois-tu, se juge à sa mousse autant qu'au tirage d'une page à son encre. Bois-le pendant qu'il fume, ami, et l'ouvrage te paraîtra plus léger.
Ingrédients (version d’époque)
- Galette de thé vert pressé, réduite en poudre — une pointe (thé)
- Eau de source frémissante (non bouillante) — un bol (infusion)
Ingrédients
- Thé vert en poudre fine (matcha ou poudre de thé vert) — 1,5 à 2 g (½ c. à café) (thé)
- Eau frémissante (75–85 °C) — 80 ml (infusion)
Préparation
- Tamiser la poudre de thé au fond d'un bol large pour éviter les grumeaux.
- Verser un filet d'eau frémissante (jamais bouillante) et délayer en pâte lisse.
- Ajouter le reste de l'eau en deux ou trois fois.
- Fouetter vivement avec un fouet de bambou (chasen) ou un petit fouet, d'un mouvement rapide en W, jusqu'à former une mousse blanche fine et stable.
- Boire aussitôt, à même le bol, pendant que la mousse tient.
Comment on faisait : Le diancha — battre une poudre de thé pour en lever la mousse — était l'art du thé dominant sous les Song, codifié par Cai Xiang dans son « Cha Lu » (c. 1051), exactement du vivant de Bi Sheng, puis par l'empereur Huizong dans le « Daguan Chalun » (1107). On organisait même des concours (斗茶, dòuchá) jugeant la blancheur et la tenue de la mousse. Ce sont des moines japonais qui en rapportèrent la pratique, donnant naissance au matcha.
Le twist contemporain : Servez dans un bol sombre de type jian (建盏) aux reflets « fourrure de lièvre » : la mousse blanche y ressort éclatante, exactement comme les esthètes Song l'appréciaient.
Sources : Cai Xiang, Cha Lu (茶录), c. 1051 — traité contemporain de Bi Sheng sur le thé fouetté · Empereur Huizong, Daguan Chalun (大观茶论), 1107 — l'art du diancha · Shen Kuo, Mengxi Bitan (梦溪笔谈), c. 1088 — source historique sur Bi Sheng et son époque
Bi Sheng · Charactorium


