La carte de Bibi Khanym
Palov — plat central du dastarkhan

Oshi palov (pilaf royal de Samarcande)

FestifReconstitution🧂 🍄 🌶️moyen1h45

Pilaf de riz long cuit dans un bouillon de mouton parfumé au cumin, enrichi de carottes, oignons et pois chiches, couronné de morceaux de mouton fondants. Ce plat monumental, cuit dans un grand kazan (chaudron), est le cœur de tout festin centrasiatique depuis des siècles.

Palov — plat central du dastarkhan

Pilaf de riz long cuit dans un bouillon de mouton parfumé au cumin, enrichi de carottes, oignons et pois chiches, couronné de morceaux de mouton fondants. Ce plat monumental, cuit dans un grand kazan (chaudron), est le cœur de tout festin centrasiatique depuis des siècles.

Quand mon seigneur Temür revenait de campagne, je faisais dresser le dastarkhan sur les tapis du jardin et l'on apportait le palov dans des plats larges comme des boucliers. Le riz doit boire la graisse du mouton et le parfum du zira jusqu'à devenir doré — chaque grain séparé, voilà le signe d'une cuisinière habile. À ma table, nous servions ce palov avec des coings en quartiers quand la saison le permettait, car le fruit adoucit la viande et plaît aux convives raffinés. Sache que dans notre Samarcande, refuser du palov à un hôte serait une offense plus grave qu'une insulte.
Bibi Khanym
Ingrédients
  • Mouton (épaule avec os)une bonne portion, un demi-animal pour un festin (viande principale)
  • Riz à grain longmesure généreuse, autant que la viande (base amylacée)
  • Graisse de queue de mouton (dumba)un bon morceau (matière grasse de cuisson)
  • Carottes jaunesabondantes (légume sucrant)
  • Oignonsplusieurs (fond aromatique)
  • Pois chiches secsune poignée, trempés (enrichissement)
  • Cumin entier (zira)une bonne pincée (épice principale)
  • Selà goût (assaisonnement)
  • Ail en tête entièreune ou deux têtes (arôme enfoui dans le riz)
Comment on faisait : Le pilaf centrasiatique est attesté bien avant les Timourides, mais c'est sous Tamerlan que les festins atteignent un faste décrit par plusieurs ambassadeurs étrangers. Clavijo (1404) mentionne d'immenses plats de riz et mouton servis sur des nappes brodées. La graisse de queue de mouton (dumba) était la matière grasse de choix, et les carottes jaunes — variété locale — sont antérieures aux carottes orange néerlandaises du XVIIe siècle.
Sources : Clavijo, Ruy González de. Embajada a Tamorlán (1406), trad. française : Voyage à Samarcande · Paul D. Buell, Eugene N. Anderson. A Soup for the Qan: Chinese Dietary Medicine of the Mongol Era (2010) · Batmanglich, Najmieh. Silk Road Cooking: A Vegetarian Journey (2004)

Voir aussi