Báizhōu — gruau de riz du matin
Un riz longuement mijoté dans beaucoup d'eau jusqu'à devenir une bouillie soyeuse, relevée d'une pointe de soja fermenté et de gingembre. Chaud, réconfortant, presque rien — et c'est tout l'esprit du Chan.
Un riz longuement mijoté dans beaucoup d'eau jusqu'à devenir une bouillie soyeuse, relevée d'une pointe de soja fermenté et de gingembre. Chaud, réconfortant, presque rien — et c'est tout l'esprit du Chan.
Tu cherches un festin ? Il n'y a pas de festin. Voici un bol, voici du riz devenu eau et de l'eau devenue riz — rien d'autre. Mange-le brûlant, avant que le soleil ne se lève, pendant que ton esprit est encore nu. Celui qui méprise ce gruau ne trouvera la sagesse dans aucun banquet. Quand tu auras vidé le bol, lave-le : c'est aussi la Voie.
- •Riz blanc — une poignée par moine (socle, céréale du bol)
- •Eau de source — en abondance (dix fois le riz) (liquide de cuisson)
- •Fèves de soja fermentées (douchi 豉) — quelques grains écrasés (umami, sel végétal autorisé)
- •Gingembre frais — un éclat (chaleur, digestion)
Báizhōu — gruau de riz du matin
Un riz longuement mijoté dans beaucoup d'eau jusqu'à devenir une bouillie soyeuse, relevée d'une pointe de soja fermenté et de gingembre. Chaud, réconfortant, presque rien — et c'est tout l'esprit du Chan.
Pourquoi ce plat ? Le riz au sud de l'Inde comme dans les monastères chinois était le pain quotidien de Bodhidharma. Le gruau clair, facile à recevoir dans le bol à aumônes et léger pour un corps qui jeûne l'après-midi, est l'aliment le mieux attesté de la vie monastique du Chan : on le mangeait avant l'aube, avant la longue assise.
Tu cherches un festin ? Il n'y a pas de festin. Voici un bol, voici du riz devenu eau et de l'eau devenue riz — rien d'autre. Mange-le brûlant, avant que le soleil ne se lève, pendant que ton esprit est encore nu. Celui qui méprise ce gruau ne trouvera la sagesse dans aucun banquet. Quand tu auras vidé le bol, lave-le : c'est aussi la Voie.
Ingrédients (version d’époque)
- Riz blanc — une poignée par moine (socle, céréale du bol)
- Eau de source — en abondance (dix fois le riz) (liquide de cuisson)
- Fèves de soja fermentées (douchi 豉) — quelques grains écrasés (umami, sel végétal autorisé)
- Gingembre frais — un éclat (chaleur, digestion)
Ingrédients
- Riz rond (type riz à risotto ou à sushi) — 100 g (socle)
- Eau — 1,2 à 1,5 L (cuisson longue)
- Douchi (haricots noirs fermentés, épicerie asiatique) ou 1 c. à c. de pâte de soja — 1 c. à s. (umami salé)
- Gingembre frais — 2 fines tranches (parfum)
- Huile de sésame — quelques gouttes (option) (rondeur finale)
Préparation
- Rincer le riz à l'eau claire jusqu'à ce qu'elle soit transparente.
- Le mettre dans une grande casserole avec l'eau froide et les tranches de gingembre.
- Porter à ébullition, puis baisser à feu très doux et laisser frémir 45 à 60 min en remuant de temps en temps, jusqu'à obtenir une bouillie crémeuse.
- Écraser le douchi (ou délayer la pâte de soja) et l'incorporer en fin de cuisson ; rectifier la consistance avec un peu d'eau chaude.
- Servir brûlant dans un bol, une goutte d'huile de sésame en surface si désiré.
Comment on faisait : Le zhōu (congee) est documenté depuis l'Antiquité chinoise comme nourriture des moines, des malades et des pauvres : il étire une petite quantité de riz pour nourrir beaucoup de monde, ce qui convenait parfaitement à une communauté vivant d'aumônes. On le cuisait sur les braises du foyer commun avant l'office du matin.
Le twist contemporain : Servi dans un bol en grès brut posé sur une ardoise, avec un trait de gingembre confit et trois graines de sésame torréfiées alignées : le minimalisme zen comme dressage.
Bodhidharma · Charactorium




