retournerKacha de sarrasin au beurre (gretchnevaïa kacha)
Kacha de sarrasin au beurre (gretchnevaïa kacha)
Pourquoi ce plat ? Pendant la guerre, Pasternak fut évacué à Tchistopol (1941-1943), loin de Moscou, dans le dénuement. La kacha de sarrasin — nourrissante, bon marché, qui se garde et se réchauffe — était l'aliment de survie et de déplacement par excellence, celui qu'on emportait et qu'on partageait dans les temps maigres. « Le chtchi et la kacha, voilà notre nourriture. »
Du gruau de sarrasin grillé puis gonflé à l'eau, lié d'une noix de beurre — un plat dense, terreux et réconfortant, qui se mange chaud le soir et froid en route le lendemain.
À Tchistopol, dans ces années où tout manquait, la kacha de sarrasin nous a tenus debout. On torréfie d'abord les grains à la poêle sèche, jusqu'à ce qu'ils sentent la noisette — c'est là tout le secret. Puis l'eau, le couvercle, et on laisse gonfler en paix pendant qu'on travaille. Une noix de beurre fondue dessus, et même les jours les plus nus avaient leur part de chaleur ; froide, dans un linge, elle faisait le voyage du lendemain.
- •Sarrasin en grains (gretchka) — un bol (base)
- •Eau — le double du volume (cuisson)
- •Beurre — une bonne noix (richesse)
- •Sel — au goût (assaisonnement)
Kacha de sarrasin au beurre (gretchnevaïa kacha)
Du gruau de sarrasin grillé puis gonflé à l'eau, lié d'une noix de beurre — un plat dense, terreux et réconfortant, qui se mange chaud le soir et froid en route le lendemain.
Pourquoi ce plat ? Pendant la guerre, Pasternak fut évacué à Tchistopol (1941-1943), loin de Moscou, dans le dénuement. La kacha de sarrasin — nourrissante, bon marché, qui se garde et se réchauffe — était l'aliment de survie et de déplacement par excellence, celui qu'on emportait et qu'on partageait dans les temps maigres. « Le chtchi et la kacha, voilà notre nourriture. »
À Tchistopol, dans ces années où tout manquait, la kacha de sarrasin nous a tenus debout. On torréfie d'abord les grains à la poêle sèche, jusqu'à ce qu'ils sentent la noisette — c'est là tout le secret. Puis l'eau, le couvercle, et on laisse gonfler en paix pendant qu'on travaille. Une noix de beurre fondue dessus, et même les jours les plus nus avaient leur part de chaleur ; froide, dans un linge, elle faisait le voyage du lendemain.
Ingrédients (version d’époque)
- Sarrasin en grains (gretchka) — un bol (base)
- Eau — le double du volume (cuisson)
- Beurre — une bonne noix (richesse)
- Sel — au goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Sarrasin grillé (kasha) — 200 g (base)
- Eau ou bouillon — 400 ml (cuisson)
- Beurre — 30-40 g (richesse)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
- Oignon (optionnel) ou champignons — 1 (garniture)
Préparation
- Faire torréfier le sarrasin 3-4 min à la poêle sèche jusqu'à une odeur de noisette (sauter cette étape si le sarrasin est déjà grillé).
- Verser l'eau salée bouillante sur les grains dans une casserole, porter à frémissement.
- Couvrir et cuire à feu très doux 15-18 min sans remuer, jusqu'à absorption complète.
- Couper le feu, poser le beurre dessus, couvrir et laisser reposer 10 min pour que les grains gonflent.
- Aérer à la fourchette, saler, ajouter éventuellement oignon doré ou champignons. Servir chaud — ou tasser dans un linge pour l'emporter froid.
Comment on faisait : Le sarrasin, cultivé en Russie depuis le Moyen Âge, se préparait traditionnellement au four russe : on plaçait le pot couvert dans la chaleur déclinante pour une cuisson lente qui rendait les grains friables (« rassýptchataïa kacha »). Aliment de base des soldats et des paysans, il voyageait sec et se cuisait partout.
Le twist contemporain : Servez la kacha en bol garni d'un œuf mollet et d'oignons frits croustillants, version « datcha bowl » réconfortante.
Sources : V. Pokhlebkine, Национальные кухни наших народов · V. Pokhlebkine, История важнейших пищевых продуктов (Histoire des principaux produits alimentaires)
Boris Pasternak · Charactorium





