La carte de Catherine II de Russie
Pièce de fête (pirog) — le grand pâté de poisson des banquets

Koulibiac d'esturgeon des grands soirs

FestifReconstitution🧂 🍄difficile1 h 30

Un pâté de fête tout en hauteur : pâte levée dorée enfermant l'esturgeon, le sarrasin, l'œuf et l'oignon fondu. On le tranche à table et la vapeur parfumée s'en échappe : c'est un plat-spectacle.

Pièce de fête (pirog) — le grand pâté de poisson des banquets

Un pâté de fête tout en hauteur : pâte levée dorée enfermant l'esturgeon, le sarrasin, l'œuf et l'oignon fondu. On le tranche à table et la vapeur parfumée s'en échappe : c'est un plat-spectacle.

Quand je reçois l'Europe à ma table, il faut qu'elle sache où se trouve désormais le centre du monde. Voyez ce pâté : sous sa croûte dorée, l'esturgeon de mes fleuves, le gruau de sarrasin, l'œuf et l'oignon longuement fondu. On le porte tout fumant, on l'ouvre devant l'ambassadeur, et je guette son regard — car un homme se trahit toujours à la façon dont il convoite un beau plat. Faites la pâte la veille, garnissez par couches bien serrées, et dorez-la comme on dore un dôme d'église.
Catherine II de Russie
Ingrédients
  • Filet d'esturgeon (ou sterlet)une belle darne (cœur du pâté)
  • Gruau de sarrasin (kacha)un bol cuit (couche absorbante)
  • Œufs dursquelques-uns (garniture)
  • Oignons fondus au beurredeux poignées (liant parfumé)
  • Pâte levée au beurrede quoi envelopper (croûte)
  • Aneth, sel, poivreà la main (assaisonnement)
Comment on faisait : Le grand pirog de poisson était une pièce maîtresse des fêtes russes. L'esturgeon, dont on tirait aussi le caviar, symbolisait la richesse des fleuves de l'Empire. La cheminée dans la croûte laissait s'échapper la vapeur sans détremper la pâte.
Sources : W. Pokhlebkine, Histoire de la cuisine russe · Larousse gastronomique (notice « koulibiac »)