La carte de Catherine Ire
Pièce festive en croûte (table des grands jours)

Koulibiac de poisson de la cour

FestifReconstitution🧂 🍄difficile1 h 30

Un majestueux pâté chaud : une croûte dorée enferme des couches de poisson, de sarrasin (ou de riz importé) et d'œuf, liées de beurre et d'aneth. On le tranche en épais quartiers fumants à la table de fête.

Pièce festive en croûte (table des grands jours)

Un majestueux pâté chaud : une croûte dorée enferme des couches de poisson, de sarrasin (ou de riz importé) et d'œuf, liées de beurre et d'aneth. On le tranche en épais quartiers fumants à la table de fête.

Pour mes fêtes, je veux qu'on voie d'abord la croûte avant d'en sentir le poisson — qu'elle dore comme les coupoles au soleil couchant ! Glisse entre les couches de poisson une bonne grasse de bouillie et des œufs durs, car un koulibiac maigre est une offense au convive. Mon époux le grand Pierre aimait que l'on perçât la croûte d'une cheminée, pour y verser au sortir du four un beurre fondu parfumé — fais de même, et l'on te bénira. C'est ainsi qu'on régale, ni en avare ni en sotte.
Catherine Ire
Ingrédients
  • Chair d'esturgeon ou de sandreune large pièce (garniture noble)
  • Pâte levée au beurrede quoi envelopper (croûte)
  • Gruau de sarrasin (kacha)un bol cuit (couche de liaison)
  • Œufs dursplusieurs (garniture)
  • Beurregénéreusement (richesse)
  • Aneth, oignonà volonté (parfum)
Comment on faisait : Le koulibiac traditionnel utilisait la « viziga » (corde dorsale séchée de l'esturgeon) et plusieurs poissons superposés ; les versions de cour pouvaient compter cinq étages séparés par de fines crêpes (blinis) pour absorber les jus. Le four russe assurait une cuisson enveloppante de la croûte. La forme allongée se tranchait en parts généreuses.
Sources : William Pokhlebkin, « La cuisine nationale de nos peuples » · Elena Molokhovets, « Un cadeau aux jeunes ménagères » (XIXe s., pour la tradition codifiée)