La carte de Charles Baudelaire
Le café noir du poète
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La liqueur du réveil — premier geste de la journée de bohème

Le café noir du poète

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La liqueur du réveil — premier geste de la journée de bohème

Le café noir du poète

Pourquoi ce plat ? Baudelaire, noctambule chronique et chroniquement désargenté, carburait au café noir pour écrire et veiller. Le café — institution du Paris romantique — était son atelier autant que sa boisson : on y composait, on y rêvait, on y attendait que l'argent vienne.

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La liqueur du réveil — premier geste de la journée de bohème

Un café d'une noirceur d'encre, infusé à la française, servi brûlant et à peine sucré. Le breuvage des veilles studieuses et des matins gris.

Je ne saurais aligner un seul vers sans cette liqueur noire et brûlante. Quand Paris dort et que le spleen me ronge, je remplis ma tasse — sans lait ni mièvrerie, à peine un grain de sucre pour ne point offenser l'amertume. Buvez-la fumante, debout près de la croisée, à regarder la ville s'éveiller dans la brume. Voilà ma seule prière du matin, et la plus sincère.
Charles Baudelaire
Ingrédients
  • Café moulu finune bonne cuillerée par tasse (corps et amertume)
  • Eau de sourceà volonté (infusion)
  • Sucre en morceaufacultatif, un éclat (à peine adoucir)
Comment on faisait : Au XIXe siècle, on préparait le café à la française par infusion ou décoction dans une cafetière de fer-blanc ou de porcelaine, bien plus corsé que nos cafés actuels. Les cafés parisiens — le Café Tabourey, ceux du Quartier latin — étaient les bureaux et les salons des écrivains sans fortune.

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