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Le café noir du poète
Pourquoi ce plat ? Baudelaire, noctambule chronique et chroniquement désargenté, carburait au café noir pour écrire et veiller. Le café — institution du Paris romantique — était son atelier autant que sa boisson : on y composait, on y rêvait, on y attendait que l'argent vienne.
Un café d'une noirceur d'encre, infusé à la française, servi brûlant et à peine sucré. Le breuvage des veilles studieuses et des matins gris.
Je ne saurais aligner un seul vers sans cette liqueur noire et brûlante. Quand Paris dort et que le spleen me ronge, je remplis ma tasse — sans lait ni mièvrerie, à peine un grain de sucre pour ne point offenser l'amertume. Buvez-la fumante, debout près de la croisée, à regarder la ville s'éveiller dans la brume. Voilà ma seule prière du matin, et la plus sincère.
- •Café moulu fin — une bonne cuillerée par tasse (corps et amertume)
- •Eau de source — à volonté (infusion)
- •Sucre en morceau — facultatif, un éclat (à peine adoucir)
Le café noir du poète
Un café d'une noirceur d'encre, infusé à la française, servi brûlant et à peine sucré. Le breuvage des veilles studieuses et des matins gris.
Pourquoi ce plat ? Baudelaire, noctambule chronique et chroniquement désargenté, carburait au café noir pour écrire et veiller. Le café — institution du Paris romantique — était son atelier autant que sa boisson : on y composait, on y rêvait, on y attendait que l'argent vienne.
Je ne saurais aligner un seul vers sans cette liqueur noire et brûlante. Quand Paris dort et que le spleen me ronge, je remplis ma tasse — sans lait ni mièvrerie, à peine un grain de sucre pour ne point offenser l'amertume. Buvez-la fumante, debout près de la croisée, à regarder la ville s'éveiller dans la brume. Voilà ma seule prière du matin, et la plus sincère.
Ingrédients (version d’époque)
- Café moulu fin — une bonne cuillerée par tasse (corps et amertume)
- Eau de source — à volonté (infusion)
- Sucre en morceau — facultatif, un éclat (à peine adoucir)
Ingrédients
- Café de torréfaction foncée, moulu — 12 g par tasse de 120 ml (corps et amertume)
- Eau frémissante (90 °C) — 120 ml par tasse (extraction)
- Sucre — 0 à 1 morceau au goût (adoucir légèrement)
Préparation
- Faire chauffer l'eau sans la porter à pleine ébullition (90 °C environ).
- Verser le café moulu dans une cafetière à filtre ou à piston.
- Mouiller le café, laisser gonfler 30 secondes, puis verser le reste de l'eau.
- Laisser infuser 4 minutes, presser ou filtrer.
- Servir aussitôt, brûlant, dans une petite tasse. Sucrer à peine, ou pas du tout.
Comment on faisait : Au XIXe siècle, on préparait le café à la française par infusion ou décoction dans une cafetière de fer-blanc ou de porcelaine, bien plus corsé que nos cafés actuels. Les cafés parisiens — le Café Tabourey, ceux du Quartier latin — étaient les bureaux et les salons des écrivains sans fortune.
Le twist contemporain : Servez-le dans une tasse noire mate sous le nom de « Café Spleen », accompagné d'un unique morceau de sucre que le buveur choisit, ou non, de laisser fondre.
Charles Baudelaire · Charactorium





