Gâteau de Peau d'Âne
Un gâteau riche et tendre, à mi-chemin de la brioche et du quatre-quarts, parfumé à l'eau de fleur d'oranger. On y glisse — par jeu, et avec prudence — un anneau ou une fève, en souvenir de la princesse.
Un gâteau riche et tendre, à mi-chemin de la brioche et du quatre-quarts, parfumé à l'eau de fleur d'oranger. On y glisse — par jeu, et avec prudence — un anneau ou une fève, en souvenir de la princesse.
Vous souvenez-vous de ma princesse qui, sous sa vilaine peau d'âne, retroussa ses manches et pétrit pour le prince un gâteau si délicat qu'elle y laissa choir son anneau ? Je vous le donne ici, ce gâteau-là : beaucoup de beurre fin, des œufs frais, et cette eau de fleur d'oranger qui embaume tout un logis. Battez la pâte avec ardeur, car c'est le bras vigoureux qui fait la mie légère. Et si le cœur vous en dit, glissez-y une bague avant la cuisson — mais prévenez vos convives, de peur qu'on n'avale la fortune avec la bouchée !
- •Fleur de farine — une bonne mesure (structure)
- •Beurre fin — moitié de la farine (richesse)
- •Œufs frais — autant qu'il en faut (liant)
- •Sucre fin — une poignée (douceur)
- •Eau de fleur d'oranger — quelques gouttes (parfum)
- •Levain doux — un peu (levée)
Gâteau de Peau d'Âne
Un gâteau riche et tendre, à mi-chemin de la brioche et du quatre-quarts, parfumé à l'eau de fleur d'oranger. On y glisse — par jeu, et avec prudence — un anneau ou une fève, en souvenir de la princesse.
Pourquoi ce plat ? Dans le conte que Perrault publie en 1694, la princesse cachée sous sa peau d'âne pétrit de ses doigts royaux un gâteau si fin que son anneau y tombe — et c'est par cette bague que le prince la reconnaît. Quel meilleur plat pour l'auteur que celui qu'il a lui-même fait entrer dans la légende ?
Vous souvenez-vous de ma princesse qui, sous sa vilaine peau d'âne, retroussa ses manches et pétrit pour le prince un gâteau si délicat qu'elle y laissa choir son anneau ? Je vous le donne ici, ce gâteau-là : beaucoup de beurre fin, des œufs frais, et cette eau de fleur d'oranger qui embaume tout un logis. Battez la pâte avec ardeur, car c'est le bras vigoureux qui fait la mie légère. Et si le cœur vous en dit, glissez-y une bague avant la cuisson — mais prévenez vos convives, de peur qu'on n'avale la fortune avec la bouchée !
Ingrédients (version d’époque)
- Fleur de farine — une bonne mesure (structure)
- Beurre fin — moitié de la farine (richesse)
- Œufs frais — autant qu'il en faut (liant)
- Sucre fin — une poignée (douceur)
- Eau de fleur d'oranger — quelques gouttes (parfum)
- Levain doux — un peu (levée)
Ingrédients
- Farine T45 — 250 g (structure)
- Beurre mou — 150 g (richesse)
- Œufs — 4 (liant)
- Sucre — 120 g (douceur)
- Eau de fleur d'oranger — 2 cuillères à soupe (parfum)
- Levure chimique — 1 sachet (levée)
- Sel — 1 pincée (équilibre)
Préparation
- Fouettez le beurre mou avec le sucre jusqu'à obtenir une crème pâle.
- Ajoutez les œufs un à un en battant énergiquement entre chaque.
- Parfumez à l'eau de fleur d'oranger, puis incorporez la farine tamisée avec la levure et le sel.
- Versez dans un moule beurré ; glissez éventuellement une fève (ou une vraie bague enveloppée) en prévenant les convives.
- Cuisez à 170 °C environ 40 minutes, jusqu'à ce qu'une lame ressorte sèche.
- Laissez tiédir avant de démouler et saupoudrez d'un voile de sucre.
Comment on faisait : Le conte ne donne pas de recette, mais les gâteaux de fête bourgeois du XVIIe siècle étaient des pâtes riches en beurre et en œufs, parfumées à l'eau de fleur d'oranger ou à l'eau de rose — luxe rendu possible par le sucre devenu accessible aux tables aisées. La fève cachée vient d'une tradition bien plus ancienne, celle du gâteau des Rois.
Le twist contemporain : Servez chaque part avec une compotée de poire au safran et nommez-la « la part du prince ». L'invité qui trouve la fève « épouse » la corvée de vaisselle.
Sources : Charles Perrault, Peau d'Âne, 1694 · Nicolas de Bonnefons, Les Délices de la campagne, 1654
Charles Perrault · Charactorium