La carte de Charles Perrault
Dessert (pâtisserie de fête)

Gâteau de Peau d'Âne

FestifÉvocation🍯moyen1 h

Un gâteau riche et tendre, à mi-chemin de la brioche et du quatre-quarts, parfumé à l'eau de fleur d'oranger. On y glisse — par jeu, et avec prudence — un anneau ou une fève, en souvenir de la princesse.

Dessert (pâtisserie de fête)

Un gâteau riche et tendre, à mi-chemin de la brioche et du quatre-quarts, parfumé à l'eau de fleur d'oranger. On y glisse — par jeu, et avec prudence — un anneau ou une fève, en souvenir de la princesse.

Vous souvenez-vous de ma princesse qui, sous sa vilaine peau d'âne, retroussa ses manches et pétrit pour le prince un gâteau si délicat qu'elle y laissa choir son anneau ? Je vous le donne ici, ce gâteau-là : beaucoup de beurre fin, des œufs frais, et cette eau de fleur d'oranger qui embaume tout un logis. Battez la pâte avec ardeur, car c'est le bras vigoureux qui fait la mie légère. Et si le cœur vous en dit, glissez-y une bague avant la cuisson — mais prévenez vos convives, de peur qu'on n'avale la fortune avec la bouchée !
Charles Perrault
Ingrédients
  • Fleur de farineune bonne mesure (structure)
  • Beurre finmoitié de la farine (richesse)
  • Œufs fraisautant qu'il en faut (liant)
  • Sucre finune poignée (douceur)
  • Eau de fleur d'orangerquelques gouttes (parfum)
  • Levain douxun peu (levée)
Comment on faisait : Le conte ne donne pas de recette, mais les gâteaux de fête bourgeois du XVIIe siècle étaient des pâtes riches en beurre et en œufs, parfumées à l'eau de fleur d'oranger ou à l'eau de rose — luxe rendu possible par le sucre devenu accessible aux tables aisées. La fève cachée vient d'une tradition bien plus ancienne, celle du gâteau des Rois.
Sources : Charles Perrault, Peau d'Âne, 1694 · Nicolas de Bonnefons, Les Délices de la campagne, 1654