Fava, purée de pois cassés jaunes au ladolemono
Une purée onctueuse de pois cassés jaunes longuement mijotés, lissée à l'huile d'olive et relevée d'oignon cru et de citron. Servie tiède, elle ouvre le mezzé comme un fond chaud et rassasiant.
Une purée onctueuse de pois cassés jaunes longuement mijotés, lissée à l'huile d'olive et relevée d'oignon cru et de citron. Servie tiède, elle ouvre le mezzé comme un fond chaud et rassasiant.
Voyez-vous, je ne fus jamais homme de festins. Au crépuscule, quand je rentrais du Bureau de l'Irrigation, on me servait cette purée d'or pâle, simple comme une journée de fonctionnaire. J'y versais un filet d'huile, quelques gouttes de citron de nos jardins, et un peu d'oignon qui pique — et je la mangeais lentement, songeant aux Grecs d'autrefois qui mangèrent la même chose, dans une autre Alexandrie. Le passé, monsieur, a toujours le goût des choses pauvres et durables.
- •Pois cassés jaunes (fava) — une grande tasse (base)
- •Oignon — un, émincé (aromate)
- •Huile d'olive — généreuse (liant)
- •Citron — un (acidité)
- •Sel — selon le goût (assaisonnement)
Fava, purée de pois cassés jaunes au ladolemono
Une purée onctueuse de pois cassés jaunes longuement mijotés, lissée à l'huile d'olive et relevée d'oignon cru et de citron. Servie tiède, elle ouvre le mezzé comme un fond chaud et rassasiant.
Pourquoi ce plat ? Plat humble et quotidien du bourgeois alexandrin, la fava unissait l'héritage grec et la frugalité méditerranéenne dont se nourrissait Cavafy entre deux feuillets, dans l'appartement de la rue Lepsius.
Voyez-vous, je ne fus jamais homme de festins. Au crépuscule, quand je rentrais du Bureau de l'Irrigation, on me servait cette purée d'or pâle, simple comme une journée de fonctionnaire. J'y versais un filet d'huile, quelques gouttes de citron de nos jardins, et un peu d'oignon qui pique — et je la mangeais lentement, songeant aux Grecs d'autrefois qui mangèrent la même chose, dans une autre Alexandrie. Le passé, monsieur, a toujours le goût des choses pauvres et durables.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois cassés jaunes (fava) — une grande tasse (base)
- Oignon — un, émincé (aromate)
- Huile d'olive — généreuse (liant)
- Citron — un (acidité)
- Sel — selon le goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Pois cassés jaunes — 250 g (base)
- Oignon doux — 1 gros (aromate)
- Huile d'olive vierge — 6 c. à soupe (liant et finition)
- Citron — 1 (jus) (acidité)
- Eau — 75 cl (cuisson)
- Sel — 1 c. à café (assaisonnement)
Préparation
- Rincer les pois cassés. Les mettre dans une casserole avec l'oignon émincé et l'eau froide.
- Porter à ébullition, écumer, puis laisser frémir 40 à 50 min en remuant : la purée doit devenir crémeuse et les pois se défaire.
- Saler en fin de cuisson, puis mixer (ou écraser) jusqu'à obtenir une texture lisse.
- Incorporer la moitié de l'huile d'olive en fouettant. Verser dans un plat creux.
- Au moment de servir, napper du reste d'huile, arroser de jus de citron et parsemer d'oignon cru finement émincé. Servir tiède avec du pain.
Comment on faisait : La fava (du grec antique, qui désignait alors la fève) se prépare depuis l'Antiquité dans l'Égée. À l'époque de Cavafy, on la cuisait dans un chaudron de terre sur le feu domestique, des heures durant, et on la lissait à la cuillère de bois — le mixeur n'existait pas. C'était une nourriture de tous les jours, accessible aux fonctionnaires comme aux pauvres.
Le twist contemporain : Quelques câpres et un trait d'huile de Kalamata pour rappeler les ports grecs ; on la dresse en virgule à l'assiette, surmontée d'un zeste de citron confit.
Constantin Cavafis · Charactorium


