La carte de d'Entrecasteaux
Le biscuit de mer (pain deux fois cuit)
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Réserve de cale — la ration de pain du long cours

Le biscuit de mer (pain deux fois cuit)

ConservationDocumentée🧂facile2 h 30 (dont séchage)
Réserve de cale — la ration de pain du long cours

Le biscuit de mer (pain deux fois cuit)

Pourquoi ce plat ? Sans four à bord pour faire du pain frais, l'expédition embarquait des tonnes de biscuit cuit à Brest avant le départ de 1791 : c'était le pain de tous les jours pour deux ans de navigation, de la Tasmanie à la Nouvelle-Calédonie.

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Réserve de cale — la ration de pain du long cours

Une galette de farine et d'eau, à peine salée, cuite deux fois pour la dessécher complètement. Dure comme bois, elle se garde des années — à condition de survivre aux charançons, qu'on faisait fuir en tapant le biscuit sur la table.

Ne riez pas de sa dureté, mon ami : ce biscuit est notre pain pour deux années entières. On le cuit, puis on le recuit, afin qu'il ne reste plus une goutte d'humeur où la moisissure pût loger. À bord, on le frappe sur le bord de la table pour en chasser les bestioles, puis on le trempe dans la soupe ou le vin pour l'amollir. J'en ai rompu plus d'un en cherchant La Pérouse dans des mers où nulle terre amie ne nous attendait.
d'Entrecasteaux
Ingrédients
  • Farine de froment (parfois mêlée de seigle)à volonté (base)
  • Eaujuste assez pour lier (former la pâte)
  • Selune pincée (conservation et goût)
Comment on faisait : Le biscuit de mer était fabriqué dans les fours des arsenaux (Brest, Toulon) bien avant l'appareillage. Cuit deux fois — d'où le mot « bis-cuit » — il pouvait se garder des années. Son ennemi n'était pas le temps mais les charançons et l'humidité de la cale ; les marins le tapaient pour en déloger les insectes et l'humectaient de soupe ou de vin coupé.
Sources : Jean Boudriot, La frégate (étude technique de la marine à voile) · Documentation des arsenaux de Brest et Toulon sur l'avitaillement en biscuit

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