Scheepsbeschuit, le biscuit de mer
Galette de froment dure comme planche, cuite deux fois pour chasser toute humidité. On la trempe dans la bière, le bouillon ou l'eau pour la rendre mangeable. C'est le pain qui ne pourrit pas — du moins, qui résiste mieux que les autres aux longs mois de mer.
Galette de froment dure comme planche, cuite deux fois pour chasser toute humidité. On la trempe dans la bière, le bouillon ou l'eau pour la rendre mangeable. C'est le pain qui ne pourrit pas — du moins, qui résiste mieux que les autres aux longs mois de mer.
Tiens, marin, prends garde à tes dents : ce biscuit-là n'est point pour les délicats. Nous le cuisons deux fois au four de Batavia, dur comme le bois de mon pont, car sur la grande mer rien d'humide ne se garde. Trempe-le dans ta pinte de bière ou dans le bouillon de pois, attends qu'il s'amollisse, et tape-le d'abord contre la table pour en chasser les charançons. Voilà trois cents jours de mer dans ta gamelle, et béni soit le four qui l'a durci.
- •Farine de froment — à volonté (base)
- •Eau — le strict nécessaire (liant)
- •Sel de mer — une poignée (conservation et goût)
Scheepsbeschuit, le biscuit de mer
Galette de froment dure comme planche, cuite deux fois pour chasser toute humidité. On la trempe dans la bière, le bouillon ou l'eau pour la rendre mangeable. C'est le pain qui ne pourrit pas — du moins, qui résiste mieux que les autres aux longs mois de mer.
Pourquoi ce plat ? Sans le biscuit deux fois cuit, aucun de mes voyages de 1642 vers la Terre de Van Diemen n'aurait été possible : il se gardait des mois en cale et nourrissait l'équipage entre deux escales, quand plus rien de frais ne tenait.
Tiens, marin, prends garde à tes dents : ce biscuit-là n'est point pour les délicats. Nous le cuisons deux fois au four de Batavia, dur comme le bois de mon pont, car sur la grande mer rien d'humide ne se garde. Trempe-le dans ta pinte de bière ou dans le bouillon de pois, attends qu'il s'amollisse, et tape-le d'abord contre la table pour en chasser les charançons. Voilà trois cents jours de mer dans ta gamelle, et béni soit le four qui l'a durci.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine de froment — à volonté (base)
- Eau — le strict nécessaire (liant)
- Sel de mer — une poignée (conservation et goût)
Ingrédients
- Farine de blé (T65) — 500 g (base)
- Eau tiède — 200 ml environ (liant)
- Sel fin — 10 g (conservation et goût)
Préparation
- Mélanger farine et sel, ajouter l'eau peu à peu pour obtenir une pâte très ferme et sèche, à peine maniable.
- Pétrir longuement puis abaisser à 1 cm d'épaisseur. Découper des galettes rondes et les piquer densément à la fourchette.
- Cuire une première fois à 180 °C environ 25 min, jusqu'à coloration pâle.
- Sortir, laisser refroidir, puis enfourner une seconde fois à 120 °C pendant 1 h pour dessécher complètement.
- Laisser sécher à l'air un jour entier : le biscuit doit sonner creux et dur. Conserver au sec.
- Au service : tremper dans une boisson chaude ou une soupe pour le ramollir.
Comment on faisait : Le biscuit de mer (scheepsbeschuit) était cuit en masse dans les fours de Batavia et d'Amsterdam. Doublement cuit pour éliminer l'eau, il pouvait tenir des mois, au prix de l'attaque des charançons que les marins chassaient en tapant la galette. C'était la calorie de base de toute traversée au long cours.
Le twist contemporain : Servi en cracker apéritif frotté d'ail et d'un filet d'huile d'olive, il devient une « planche du navigateur » à partager — clin d'œil à ce qui sauvait jadis de la faim.
Abel Tasman · Charactorium