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Le brouet du gaillard (soupe aux pois et au lard salé)
Pourquoi ce plat ? C'était l'assise du ventre des équipages de d'Entrecasteaux : les légumes secs (pois, fèves, lentilles) se conservaient des mois en barrique et, mijotés avec le lard de la saumure, ils faisaient la soupe quotidienne servie par plats de sept hommes au son de la cloche.
Une purée-soupe épaisse de pois cassés liée au gras d'un lard longuement dessalé, parfumée d'oignon et d'un soupçon de vinaigre. Roborative, bon marché, elle tenait au corps pendant les longs quarts.
Monsieur, ne dédaignez point cette humble soupe : c'est elle qui porte mes équipages d'un bout du monde à l'autre. On fait tremper les pois dès la veille, on les jette au chaudron avec un morceau de lard tiré du tonneau, et l'on souffle le feu jusqu'à ce que tout se défasse en une bouillie épaisse. J'ai vu des matelots, le scorbut aux gencives, reprendre courage à ce brouet fumant par gros temps. Mangez-en avec votre biscuit, et vous comprendrez ce qu'est la table d'un marin du Roi.
- •Pois cassés (ou fèves sèches) — une bonne écuelle par homme (base nourrissante, conservable en barrique)
- •Lard salé de tonneau — un morceau (gras et sel, goût umami)
- •Oignon — quelques-uns (parfum)
- •Eau (douce, des futailles) — à couvrir largement (cuisson)
- •Vinaigre — un filet (relève et assainit)
Le brouet du gaillard (soupe aux pois et au lard salé)
Une purée-soupe épaisse de pois cassés liée au gras d'un lard longuement dessalé, parfumée d'oignon et d'un soupçon de vinaigre. Roborative, bon marché, elle tenait au corps pendant les longs quarts.
Pourquoi ce plat ? C'était l'assise du ventre des équipages de d'Entrecasteaux : les légumes secs (pois, fèves, lentilles) se conservaient des mois en barrique et, mijotés avec le lard de la saumure, ils faisaient la soupe quotidienne servie par plats de sept hommes au son de la cloche.
Monsieur, ne dédaignez point cette humble soupe : c'est elle qui porte mes équipages d'un bout du monde à l'autre. On fait tremper les pois dès la veille, on les jette au chaudron avec un morceau de lard tiré du tonneau, et l'on souffle le feu jusqu'à ce que tout se défasse en une bouillie épaisse. J'ai vu des matelots, le scorbut aux gencives, reprendre courage à ce brouet fumant par gros temps. Mangez-en avec votre biscuit, et vous comprendrez ce qu'est la table d'un marin du Roi.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois cassés (ou fèves sèches) — une bonne écuelle par homme (base nourrissante, conservable en barrique)
- Lard salé de tonneau — un morceau (gras et sel, goût umami)
- Oignon — quelques-uns (parfum)
- Eau (douce, des futailles) — à couvrir largement (cuisson)
- Vinaigre — un filet (relève et assainit)
Ingrédients
- Pois cassés — 300 g (base de la soupe)
- Poitrine de porc demi-sel ou lardons fumés — 200 g (gras et umami salé)
- Oignon — 2 (aromate)
- Carotte — 1 (facultatif) (douceur)
- Eau — 1,2 L (cuisson)
- Vinaigre de vin — 1 cuillère à café (pointe d'acidité)
- Poivre — selon le goût (assaisonnement)
Préparation
- Faites tremper les pois cassés quelques heures (ou rincez-les bien si vous êtes pressé).
- Si le lard est très salé, dessalez-le 10 min dans l'eau, puis taillez-le en lardons.
- Faites suer oignon (et carotte) avec le lard dans une marmite.
- Ajoutez les pois égouttés et l'eau, portez à ébullition puis laissez mijoter 45 min à 1 h jusqu'à ce que les pois se défassent.
- Mixez à demi pour garder du corps, poivrez, ajoutez le filet de vinaigre au moment de servir.
- Servez très chaud, avec du pain dur trempé en guise de biscuit.
Comment on faisait : À bord, le cuisinier (le « coq ») préparait un seul grand chaudron pour tout l'équipage. Les légumes secs étaient l'aliment de conservation par excellence : ils ne risquaient pas de pourrir comme la viande fraîche. Le lard et le bœuf venaient des tonneaux de saumure ; on les dessalait dans des filets traînés à la mer avant de les cuire.
Le twist contemporain : Servez-la dans un bol de grès posé sur une planche, une lichette de chips de lard croustillant par-dessus, et appelez-la « brouet des Antipodes » en hommage à la route de Tasmanie.
Sources : Christian Buchet, La mer, le monde et les hommes (XVIᵉ–XXᵉ siècle) · Études sur l'alimentation des marins de la marine royale française au XVIIIᵉ siècle
d'Entrecasteaux · Charactorium





