La carte de David Unaipon
Boisson du feu de camp

Billy tea au bush

BoissonDocumentéefacile10 min

Thé noir fort bouilli dans un billy can (petite bouilloire de fer-blanc) directement sur les braises d'un feu de camp. L'eau et les feuilles de thé cuisent ensemble, produisant un breuvage corsé et tannique, adouci par du sucre. Le geste traditionnel consiste à faire tournoyer le billy par son anse pour faire descendre les feuilles au fond.

Boisson du feu de camp

Thé noir fort bouilli dans un billy can (petite bouilloire de fer-blanc) directement sur les braises d'un feu de camp. L'eau et les feuilles de thé cuisent ensemble, produisant un breuvage corsé et tannique, adouci par du sucre. Le geste traditionnel consiste à faire tournoyer le billy par son anse pour faire descendre les feuilles au fond.

Le billy, c'est la première chose qu'on met sur le feu, et la dernière qu'on en retire. Quand je voyageais entre Raukkan et Adélaïde pour présenter mes travaux, je m'arrêtais souvent au bord de la route, je ramassais quelques branches, et en dix minutes j'avais mon thé. On dit que les Anglais ont apporté le thé en Australie — c'est vrai, mais nous l'avons perfectionné. Pas de théière en porcelaine ni de passoire en argent, juste un billy noirci par le feu, de l'eau qui bout bien fort, et les feuilles qu'on jette dedans sans cérémonie. Puis on fait tourner le billy — un tour de poignet, comme le boomerang — et les feuilles tombent au fond. C'est de la physique appliquée, tout simplement.
David Unaipon
Ingrédients
  • Thé noir en feuilles (rations de la mission)une bonne poignée pour un billy (base)
  • Eau du fleuve ou du puitsun billy plein (environ 1 litre) (solvant)
  • Sucreselon le goût, généreusement (adoucissant)
  • Feuille d'eucalyptus citronné (optionnel)une ou deux (parfum)
Comment on faisait : Le billy tea était la boisson universelle de l'Australie rurale du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Le billy can — simple boîte de conserve recyclée ou petite bouilloire de fer-blanc — allait partout. Dans les missions aborigènes, le thé et le sucre faisaient partie des rations de base distribuées par l'administration. Le geste de faire tournoyer le billy est attesté dès les années 1850 ; il utilise la force centrifuge pour séparer les feuilles de l'infusion, un principe physique qu'un esprit comme celui d'Unaipon n'aurait pas manqué d'apprécier.
Sources : Michael Symons, « One Continuous Picnic: A Gastronomic History of Australia », Melbourne University Press, 2007 · Richard Broome, « Aboriginal Australians: A History Since 1788 », Allen & Unwin, 5e éd., 2019

Voir aussi