La carte de Dmitri Chostakovitch
Pervoïe blyudo — le premier plat, la soupe chaude qui ouvre tout vrai repas

Bortsch à la betterave et au chou

QuotidienDocumentée🍋 🍄moyen1 h 45

Une soupe profonde et rubis, à la fois acidulée et terreuse, où la betterave domine le chou, la carotte et l'oignon dans un bouillon de bœuf. Servie brûlante, couronnée d'une cuillère de smetana qui se dissout en marbrures roses, et d'aneth frais.

Pervoïe blyudo — le premier plat, la soupe chaude qui ouvre tout vrai repas

Une soupe profonde et rubis, à la fois acidulée et terreuse, où la betterave domine le chou, la carotte et l'oignon dans un bouillon de bœuf. Servie brûlante, couronnée d'une cuillère de smetana qui se dissout en marbrures roses, et d'aneth frais.

Voyez-vous, le bortsch, c'est la patience faite soupe : à la maison, Nina laissait la betterave et le chou mijoter des heures durant. On n'ajoute la cuillère de smetana qu'au tout dernier moment, jamais dans la casserole bouillante — sinon elle tourne, et l'on gâche le peu qu'on a. Quand les temps étaient maigres, on étirait le bouillon, on mettait moins de viande, mais la couleur rouge demeurait, et c'était déjà une consolation. Servez-le brûlant avec du pain noir : pour le reste, croyez-moi, on s'en accommode.
Dmitri Chostakovitch
Ingrédients
  • Betteravesquelques-unes, bien rouges (couleur, douceur terreuse, acidité)
  • Chou blancun demi-chou (corps et volume)
  • Oignon et carotteselon le panier (base aromatique)
  • Os et viande de bœufce que le rationnement permet (bouillon, umami)
  • Vinaigre ou jus de betterave aigriun filet (fixe la couleur, apporte l'acidité)
  • Smetana (crème aigre)une bonne cuillère par bol (liaison, douceur finale)
  • Aneth fraisune poignée (fraîcheur, signature)
Comment on faisait : Dans les appartements communautaires (kommunalki) de Leningrad et Moscou, le bortsch mijotait sur le réchaud commun. On le faisait en grande quantité pour plusieurs jours, et on l'étirait en ajoutant de l'eau et du chou quand la viande manquait. Pendant le siège de Leningrad, ce genre de soupe devint un souvenir presque inaccessible.
Sources : « Kniga o vkousnoï i zdorovoï pichtche » (Le Livre d'une nourriture savoureuse et saine), cuisine soviétique de référence, 1939 · Elena Molokhovets, « Un cadeau aux jeunes ménagères », 1861

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