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Café des veilles studieuses
Pourquoi ce plat ? Émilie travaillait jusqu'à l'aube, dormant trois ou quatre heures à peine pendant qu'elle achevait sa traduction des Principia de Newton. Le café, breuvage à la mode des philosophes et des cafés parisiens comme le Gradot qu'elle fréquentait, était le compagnon de ces nuits de calcul.
Un café préparé par décoction, fort et parfumé, servi brûlant dans une petite tasse de porcelaine — le breuvage qui tient l'esprit en éveil quand le monde dort.
On me reproche mes nuits sans sommeil ; on a tort, car c'est là que l'esprit travaille le mieux, quand le château se tait. Je fais alors préparer ce café à la mode nouvelle : on fait bouillir la poudre dans l'eau, on laisse tomber le marc au fond, et l'on verse cette liqueur noire et brûlante. Un peu de sucre pour l'amertume, et me voilà capable de suivre Monsieur Newton trois heures encore. Croyez-moi, point de découverte sans veille, et point de veille sans café.
- •Café en poudre fraîchement moulu — trois cuillerées (corps du breuvage)
- •Eau — une chopine (infusion)
- •Sucre — à volonté (adoucit l'amertume)
Café des veilles studieuses
Un café préparé par décoction, fort et parfumé, servi brûlant dans une petite tasse de porcelaine — le breuvage qui tient l'esprit en éveil quand le monde dort.
Pourquoi ce plat ? Émilie travaillait jusqu'à l'aube, dormant trois ou quatre heures à peine pendant qu'elle achevait sa traduction des Principia de Newton. Le café, breuvage à la mode des philosophes et des cafés parisiens comme le Gradot qu'elle fréquentait, était le compagnon de ces nuits de calcul.
On me reproche mes nuits sans sommeil ; on a tort, car c'est là que l'esprit travaille le mieux, quand le château se tait. Je fais alors préparer ce café à la mode nouvelle : on fait bouillir la poudre dans l'eau, on laisse tomber le marc au fond, et l'on verse cette liqueur noire et brûlante. Un peu de sucre pour l'amertume, et me voilà capable de suivre Monsieur Newton trois heures encore. Croyez-moi, point de découverte sans veille, et point de veille sans café.
Ingrédients (version d’époque)
- Café en poudre fraîchement moulu — trois cuillerées (corps du breuvage)
- Eau — une chopine (infusion)
- Sucre — à volonté (adoucit l'amertume)
Ingrédients
- Café moulu (torréfaction foncée) — 3 c. à soupe (corps)
- Eau — 50 cl (infusion)
- Sucre — selon le goût (adoucit)
Préparation
- Porter l'eau à frémissement dans une casserole.
- Y jeter le café moulu, remuer une fois, puis laisser sur feu doux 3 à 4 minutes (méthode par décoction).
- Retirer du feu et laisser reposer 2 minutes pour que le marc retombe au fond.
- Verser doucement dans de petites tasses sans entraîner le marc.
- Sucrer à volonté et boire brûlant, idéalement avant une longue nuit de travail.
Comment on faisait : Au début du XVIIIe siècle, le café se préparait par décoction (on faisait bouillir la poudre dans l'eau), bien avant l'invention de la cafetière à filtre de la fin du siècle. Les cafés de Paris, comme le Procope ou le Gradot, étaient devenus les laboratoires de la pensée des Lumières où savants et écrivains débattaient autour de ce breuvage encore exotique et coûteux.
Le twist contemporain : Servi avec un carré de chocolat noir — autre plaisir neuf et fort prisé des salons du XVIIIe — pour un clin d'œil aux deux fétiches des philosophes.
Sources : Philippe Sylvestre Dufour, Traité du café, du thé et du chocolat, 1685 · Élisabeth Badinter, Émilie, Émilie : l'ambition féminine au XVIIIe siècle, 1983
Émilie du Châtelet · Charactorium





