Tisane miellée de sauge et d'hysope de l'infirmerie
Une infusion chaude de sauge et d'hysope adoucie au miel, le breuvage de soin du cloître. Amère et résineuse sous le sucre du miel, elle réchauffe et réconforte.
Une infusion chaude de sauge et d'hysope adoucie au miel, le breuvage de soin du cloître. Amère et résineuse sous le sucre du miel, elle réchauffe et réconforte.
Le fardeau de Pierre m'a épuisé le corps, et plus d'une fois l'infirmier m'a tendu cette potion. Prends la sauge — salvia, celle qui sauve, disaient nos anciens — et l'hysope dont parle le psaume : asperge-moi d'hysope et je serai purifié. On les jette dans l'eau bouillante, on laisse infuser le temps d'un Pater, puis on adoucit du miel de nos ruches. Bois-la chaude au soir, voyageur ; elle réchauffe la poitrine et apaise l'âme lasse mieux que tous les vins des princes.
- •Feuilles de sauge — une poignée (herbe maîtresse)
- •Hysope — quelques brins (herbe de soin)
- •Miel — à convenance (douceur)
- •Eau de source — une pinte (infusion)
Tisane miellée de sauge et d'hysope de l'infirmerie
Une infusion chaude de sauge et d'hysope adoucie au miel, le breuvage de soin du cloître. Amère et résineuse sous le sucre du miel, elle réchauffe et réconforte.
Pourquoi ce plat ? Eugène III mourut à Tivoli en 1153, usé par les fatigues du pontificat et des croisades. Dans les monastères cisterciens, l'infirmerie disposait d'un jardin de simples ; sauge et hysope, herbes maîtresses du soin médiéval, entraient dans les tisanes miellées qu'on donnait aux malades et aux moines épuisés — le réconfort permis là où la gourmandise était bannie.
Le fardeau de Pierre m'a épuisé le corps, et plus d'une fois l'infirmier m'a tendu cette potion. Prends la sauge — salvia, celle qui sauve, disaient nos anciens — et l'hysope dont parle le psaume : asperge-moi d'hysope et je serai purifié. On les jette dans l'eau bouillante, on laisse infuser le temps d'un Pater, puis on adoucit du miel de nos ruches. Bois-la chaude au soir, voyageur ; elle réchauffe la poitrine et apaise l'âme lasse mieux que tous les vins des princes.
Ingrédients (version d’époque)
- Feuilles de sauge — une poignée (herbe maîtresse)
- Hysope — quelques brins (herbe de soin)
- Miel — à convenance (douceur)
- Eau de source — une pinte (infusion)
Ingrédients
- Sauge fraîche (ou 2 c. à café séchée) — 8 feuilles (herbe maîtresse)
- Hysope (ou à défaut thym) — 2 brins (herbe de soin)
- Miel — 1 à 2 c. à café (douceur)
- Eau — 500 ml (infusion)
Préparation
- Porter l'eau à ébullition puis la retirer du feu.
- Y jeter la sauge et l'hysope ; couvrir et laisser infuser 5 à 7 minutes (au-delà, l'amertume domine).
- Filtrer dans une tasse ou un bol.
- Ajouter le miel une fois l'infusion tiédie (pour ne pas en altérer les vertus) et remuer.
- Boire chaud, de préférence le soir.
Comment on faisait : La médecine monastique reposait sur le jardin des simples ; la sauge (salvia, « la salvatrice ») et l'hysope, citée dans les Psaumes, comptaient parmi les plantes les plus prisées, recommandées par l'École de Salerne et plus tard par Hildegarde de Bingen. On les infusait dans l'eau ou le vin et on adoucissait au miel, le sucre de canne étant alors une denrée d'apothicaire, rare et coûteuse. Ces breuvages relevaient du soin (infirmerie) et non du plaisir, seul cadre où la douceur était tolérée.
Le twist contemporain : Servie glacée l'été, avec un zeste de citron et une feuille de sauge frite en garniture — la potion d'infirmerie devient infusion détox sans rien trahir de ses herbes.
Sources : Regimen sanitatis Salernitanum (vertus de la sauge) · Hildegarde de Bingen, Physica · Psaume 51 (Miserere : « asperge-moi d'hysope »)
Eugène III · Charactorium