La carte de Eugène III
Breuvage de l'infirmerie (potion d'herbes)

Tisane miellée de sauge et d'hysope de l'infirmerie

RemèdeReconstitution☕ 🍯facile10 min

Une infusion chaude de sauge et d'hysope adoucie au miel, le breuvage de soin du cloître. Amère et résineuse sous le sucre du miel, elle réchauffe et réconforte.

Breuvage de l'infirmerie (potion d'herbes)

Une infusion chaude de sauge et d'hysope adoucie au miel, le breuvage de soin du cloître. Amère et résineuse sous le sucre du miel, elle réchauffe et réconforte.

Le fardeau de Pierre m'a épuisé le corps, et plus d'une fois l'infirmier m'a tendu cette potion. Prends la sauge — salvia, celle qui sauve, disaient nos anciens — et l'hysope dont parle le psaume : asperge-moi d'hysope et je serai purifié. On les jette dans l'eau bouillante, on laisse infuser le temps d'un Pater, puis on adoucit du miel de nos ruches. Bois-la chaude au soir, voyageur ; elle réchauffe la poitrine et apaise l'âme lasse mieux que tous les vins des princes.
Eugène III
Ingrédients
  • Feuilles de saugeune poignée (herbe maîtresse)
  • Hysopequelques brins (herbe de soin)
  • Mielà convenance (douceur)
  • Eau de sourceune pinte (infusion)
Comment on faisait : La médecine monastique reposait sur le jardin des simples ; la sauge (salvia, « la salvatrice ») et l'hysope, citée dans les Psaumes, comptaient parmi les plantes les plus prisées, recommandées par l'École de Salerne et plus tard par Hildegarde de Bingen. On les infusait dans l'eau ou le vin et on adoucissait au miel, le sucre de canne étant alors une denrée d'apothicaire, rare et coûteuse. Ces breuvages relevaient du soin (infirmerie) et non du plaisir, seul cadre où la douceur était tolérée.
Sources : Regimen sanitatis Salernitanum (vertus de la sauge) · Hildegarde de Bingen, Physica · Psaume 51 (Miserere : « asperge-moi d'hysope »)