La carte de Eulalia Bermúdez
Charqui de lama — viande séchée et salée du voyageur
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Réserve de marche (fiambre des chemins de l'altiplano)

Charqui de lama — viande séchée et salée du voyageur

ConservationDocumentée🧂 🍄moyen30 min de préparation + 6 à 10 h de séchage
Réserve de marche (fiambre des chemins de l'altiplano)

Charqui de lama — viande séchée et salée du voyageur

Pourquoi ce plat ? Toroca se trouve sur les routes qui montaient vers Potosí et descendaient vers Sucre. Pour qui devait marcher des jours entre ces villes — porter un grain à la ville, accompagner un troupeau — le charqui était la seule viande qui ne pourrissait pas. C'est le casse-croûte de route que connaissait forcément une famille de cette région.

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Réserve de marche (fiambre des chemins de l'altiplano)

De fines lamelles de viande maigre salées et séchées au soleil glacé et au vent de l'altiplano, jusqu'à devenir dures et légères. On les mâche telles quelles en chemin, ou on les fait revenir pour parfumer une soupe.

Si tu pars demain vers la Villa Imperial de Potosí, ne pars pas le ventre vide ni le sac vide. Je coupe la viande en lanières aussi fines que possible, je la frotte de sel, et je la laisse au vent et au soleil froid sur les pierres du toit, trois jours, quatre s'il le faut. Elle durcit, elle noircit, mais elle ne se gâte pas — elle t'attendra au fond du sac quand la faim te prendra sur le chemin. Mâche-la doucement, et pense à nous.
Eulalia Bermúdez
Ingrédients
  • Viande maigre de lama (ou de mouton)un quartier (base)
  • Sel de mine en abondancebeaucoup (conservation)
Comment on faisait : Le mot charqui (d'où vient le « jerky » anglais) désigne cette viande séchée andine, attestée dès avant la Conquête et omniprésente dans l'économie coloniale : on l'échangeait, on en ravitaillait les mineurs de Potosí et les muletiers. Le froid sec et l'altitude remplaçaient le fumage.

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