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Le grand pâté de venaison en croûte
Pourquoi ce plat ? François Ier était un chasseur passionné : on dit qu'il fit bâtir Chambord pour courre le cerf en forêt de Sologne. Le gibier rapporté de ses chasses finissait en pâtés monumentaux, pièces maîtresses de ses banquets où l'on comptait des dizaines de plats.
Une pâte ferme et dorée qui enferme une farce de cerf et de lard, parfumée d'épices chaudes et relevée d'un trait de verjus. On la tranche à table pour révéler la viande fondante, comme un coffre que l'on ouvre.
Or çà, approchez-vous de ma table sans façon ! Ce pâté-là, je l'aime par-dessus tout, car la chair en vient de mes propres chasses en Sologne, où je menai mainte fois le cerf jusqu'au soir tombant. Mon maître queux la pile menu avec le lard, la couvre de gingembre et de graine de paradis, l'arrose d'un filet de verjus bien aigret, puis l'enferme en sa croûte comme on scelle une lettre du sceau royal. Croyez-moi, rien ne réjouit mieux un roi affamé qu'un beau pâté que l'on rompt à la pointe du couteau.
- •Chair de cerf (ou sanglier) — une belle pièce d'épaule (viande de chasse, cœur du pâté)
- •Lard gras — à discrétion (fondant et liaison de la farce)
- •Fleur de farine — ce qu'il faut (pâte à dresser ferme)
- •Saindoux — une bonne part (corps de la pâte)
- •Œufs — quelques-uns (lier la pâte et dorer)
- •Épices fines (gingembre, poivre, girofle, muscade) — généreusement (parfum de cour)
- •Graine de paradis (maniguette) — une pincée (épice signature, chaleur poivrée)
- •Verjus — un trait (acidité qui réveille la viande)
- •Sel — selon le goût (assaisonnement)
Le grand pâté de venaison en croûte
Une pâte ferme et dorée qui enferme une farce de cerf et de lard, parfumée d'épices chaudes et relevée d'un trait de verjus. On la tranche à table pour révéler la viande fondante, comme un coffre que l'on ouvre.
Pourquoi ce plat ? François Ier était un chasseur passionné : on dit qu'il fit bâtir Chambord pour courre le cerf en forêt de Sologne. Le gibier rapporté de ses chasses finissait en pâtés monumentaux, pièces maîtresses de ses banquets où l'on comptait des dizaines de plats.
Or çà, approchez-vous de ma table sans façon ! Ce pâté-là, je l'aime par-dessus tout, car la chair en vient de mes propres chasses en Sologne, où je menai mainte fois le cerf jusqu'au soir tombant. Mon maître queux la pile menu avec le lard, la couvre de gingembre et de graine de paradis, l'arrose d'un filet de verjus bien aigret, puis l'enferme en sa croûte comme on scelle une lettre du sceau royal. Croyez-moi, rien ne réjouit mieux un roi affamé qu'un beau pâté que l'on rompt à la pointe du couteau.
Ingrédients (version d’époque)
- Chair de cerf (ou sanglier) — une belle pièce d'épaule (viande de chasse, cœur du pâté)
- Lard gras — à discrétion (fondant et liaison de la farce)
- Fleur de farine — ce qu'il faut (pâte à dresser ferme)
- Saindoux — une bonne part (corps de la pâte)
- Œufs — quelques-uns (lier la pâte et dorer)
- Épices fines (gingembre, poivre, girofle, muscade) — généreusement (parfum de cour)
- Graine de paradis (maniguette) — une pincée (épice signature, chaleur poivrée)
- Verjus — un trait (acidité qui réveille la viande)
- Sel — selon le goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Épaule de cerf désossée (ou bœuf à braiser) — 800 g (viande principale)
- Poitrine de porc / lard gras — 250 g (moelleux de la farce)
- Farine — 400 g (pâte)
- Saindoux ou beurre — 180 g (pâte)
- Œufs — 2 (+1 pour la dorure) (lier et dorer)
- Eau froide — 10 cl (pâte)
- Mélange gingembre, poivre, girofle, muscade — 2 c. à café (épices)
- Graine de paradis (ou à défaut poivre + cardamome) — 1 pincée (épice signature)
- Verjus (ou jus de raisin vert / un peu de jus de pomme verte) — 5 cl (acidité)
- Sel — 1,5 c. à café (assaisonnement)
Préparation
- Hacher au couteau (ou mixer grossièrement) le cerf et le lard pour garder du mâché. Mélanger avec les épices, la graine de paradis, le sel et le verjus. Laisser reposer 1 h au frais.
- Préparer la pâte : sabler la farine avec le saindoux, ajouter les œufs et l'eau, pétrir vite jusqu'à une pâte ferme. Réserver 30 min.
- Étaler les deux tiers de la pâte, en chemiser un moule à charnière. Garnir de farce bien tassée.
- Couvrir avec le reste de pâte, souder les bords, percer une cheminée au centre. Dorer à l'œuf.
- Cuire 1 h 30 à 170 °C, jusqu'à une croûte profondément dorée. Laisser tiédir avant de trancher.
Comment on faisait : À l'époque, la croûte (le « coffin ») servait surtout de contenant étanche pour cuire et conserver la viande ; on la mangeait parfois, parfois non. Les pâtés voyageaient ainsi de plusieurs jours. La farce était fortement épicée car les épices, hors de prix, affichaient le rang du maître de maison.
Le twist contemporain : Dresser le pâté tranché sur une planche de chêne avec une petite coupelle de gelée au verjus, et le baptiser « Le Coffre de Chambord » pour la mise en scène.
Sources : Le Viandier de Taillevent (recueil de cuisine médiévale et Renaissance) · Le Ménagier de Paris (c. 1393) · Platine en françois — traduction de Platina, De honesta voluptate (1505)
François Ier · Charactorium





