La carte de Giuseppe Verdi
Primo — le plat de riz qui ouvre le vrai repas

Risotto à la milanaise (alla milanese)

QuotidienReconstitution🧂 🍄moyen35 min

Un riz crémeux teinté d'or par le safran, lié au beurre et au Parmigiano. Réconfortant, doré, le plat de tous les jours d'un Milanais affairé.

Pourquoi ce plat ? Verdi a passé sa vie de théâtre entre Milan et la Scala, où il créa Nabucco et Otello. Le risotto au safran, d'un jaune d'or, est LE plat milanais que tout homme d'opéra mangeait entre deux répétitions — simple, nourrissant, sans chichi, exactement ce qu'il aimait.
Tiens, assieds-toi, je n'ai pas le temps pour les banquets. À la Scala, entre deux colères avec les chanteurs, c'est cela qu'on m'apportait : du riz teint d'or par le safran, du beurre, et le fromage de chez nous râpé dessus à pleine main. On remue, on remue sans relâche, comme on mène un orchestre — si tu lâches la cuillère, tout se gâte. Mange chaud, et laisse les fanfreluches aux gens de salon.
Giuseppe Verdi
Ingrédients
  • Riz de Lombardiedeux poignées par convive (base)
  • Safran en pistilsune pincée (couleur et parfum)
  • Beurreune bonne noix (liaison)
  • Moelle de bœufun morceau (richesse (façon ancienne))
  • Bouillon de viandeselon besoin (cuisson)
  • Parmigiano-Reggianoà volonté (umami)
Comment on faisait : Au XIXe siècle, on enrichissait le risotto de moelle de bœuf, supprimée aujourd'hui. Le safran, importé et précieux, signait les tables aisées de Milan ; sa couleur d'or fit la réputation du plat.
Sources : Pellegrino Artusi, La scienza in cucina e l'arte di mangiar bene, 1891