Aruhe — racine de fougère pilée
Le rhizome charnu de la fougère, séché puis grillé sur la braise et écrasé au battoir de pierre. On en suce la pulpe féculente et fibreuse, recrachant la fibre dure. Aliment humble, terreux, légèrement amer, qui a nourri les peuples de la forêt génération après génération.
Le rhizome charnu de la fougère, séché puis grillé sur la braise et écrasé au battoir de pierre. On en suce la pulpe féculente et fibreuse, recrachant la fibre dure. Aliment humble, terreux, légèrement amer, qui a nourri les peuples de la forêt génération après génération.
Ē taku uri, approche et regarde mes mains : elles sont de la même argile que ce que tu manges. Quand la faim venait, nous allions vers Papatūānuku, notre mère, et nous tirions du sol la racine de l'aruhe. On la laissait sécher, puis on la couchait sur les braises jusqu'à ce qu'elle chante, et au battoir de pierre on la frappait, frappait, jusqu'à ouvrir son cœur tendre. C'est âpre sous la langue, oui — mais c'est le goût de la terre dont je suis faite, et nul ne s'est jamais couché le ventre vide tant que la fougère poussait.
- •Rhizomes d'aruhe (fougère aigle) — une brassée (féculent de base)
- •Braises de bois dur — un foyer (cuisson)
Aruhe — racine de fougère pilée
Le rhizome charnu de la fougère, séché puis grillé sur la braise et écrasé au battoir de pierre. On en suce la pulpe féculente et fibreuse, recrachant la fibre dure. Aliment humble, terreux, légèrement amer, qui a nourri les peuples de la forêt génération après génération.
Pourquoi ce plat ? Hineahuone est née de la terre rouge et vit des premiers dons de Papatūānuku. Avant que les ancêtres voyageurs n'apportent les jardins, l'aruhe — le rhizome de la fougère aigle — était le pain quotidien tiré directement du sol : la nourriture la plus proche de ce qu'elle est elle-même, chair de la terre.
Ē taku uri, approche et regarde mes mains : elles sont de la même argile que ce que tu manges. Quand la faim venait, nous allions vers Papatūānuku, notre mère, et nous tirions du sol la racine de l'aruhe. On la laissait sécher, puis on la couchait sur les braises jusqu'à ce qu'elle chante, et au battoir de pierre on la frappait, frappait, jusqu'à ouvrir son cœur tendre. C'est âpre sous la langue, oui — mais c'est le goût de la terre dont je suis faite, et nul ne s'est jamais couché le ventre vide tant que la fougère poussait.
Ingrédients (version d’époque)
- Rhizomes d'aruhe (fougère aigle) — une brassée (féculent de base)
- Braises de bois dur — un foyer (cuisson)
Ingrédients
- Panais — 4 racines moyennes (évoque la racine féculente et fibreuse (l'aruhe cru n'est ni disponible ni recommandé à la consommation))
- Châtaignes cuites — 150 g (rappelle le moelleux terreux)
- Sel marin — une pincée (assaisonnement)
- Eau — un filet (lier l'écrasé)
Préparation
- Rôtir les panais entiers et non pelés sur la grille ou sous la braise jusqu'à ce que la peau noircisse et que le cœur soit tendre.
- Faire de même avec les châtaignes (ou les utiliser déjà cuites).
- Peler grossièrement, réunir panais et châtaignes dans un mortier.
- Écraser au pilon jusqu'à une purée rustique et fibreuse, en ajoutant un filet d'eau et une pincée de sel.
- Façonner en petites galettes et tiédir un instant sur la braise avant de partager à la main.
Comment on faisait : L'aruhe se récoltait à la fin de l'été, se séchait en réserve, puis se grillait avant d'être pilé sur une pierre plate à l'aide du patu aruhe (battoir). On mâchait la pulpe et rejetait la fibre. C'était le féculent dominant du quotidien dans les régions sans horticulture.
Le twist contemporain : Servir l'écrasé en quenelles sur une ardoise sombre, parsemé de graines grillées, comme un clin d'œil au goût brut et minéral de la racine ancestrale.
Sources : Elsdon Best, Forest Lore of the Maori (1942) · Elsdon Best, Maori Agriculture (1925)
Hineahuone · Charactorium
