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Cotignac — pâte de coing
Pourquoi ce plat ? Les confitures sèches closent les grands repas du XVIIe siècle et se conservent tout l'hiver. Le cotignac, pâte de coing parfumée, était une douceur fameuse — on en offrait même aux rois en visite. Pour un homme de lettres recevant chez lui après le théâtre, c'est la friandise raffinée qu'on présente avec le vin.
Une pâte de fruits dense et translucide, faite de coings longuement cuits avec le sucre jusqu'à prendre. Découpée en losanges, elle se garde des semaines et accompagne merveilleusement la fin d'un repas ou une visite.
Voilà une douceur qui demande de la patience, vertu que le théâtre m'a bien apprise. Le coing, ce fruit âpre et parfumé que nul ne saurait croquer cru, devient sous le sucre une pâte d'ambre. Il faut le cuire, le passer, puis le remettre au feu et le tourner sans relâche jusqu'à ce qu'il se détache du fond du chaudron. On le coupe ensuite en petits losanges qu'on garde tout l'hiver dans des boîtes. J'en offre volontiers à mes hôtes au sortir de la table, avec un doigt de vin : rien de tel pour prolonger la conversation.
- •Coings bien mûrs — plusieurs (fruit de base, riche en pectine)
- •Sucre (ou miel) — presque autant que de pulpe (conservation et prise de la pâte)
- •Eau — ce qu'il faut (première cuisson des coings)
Cotignac — pâte de coing
Une pâte de fruits dense et translucide, faite de coings longuement cuits avec le sucre jusqu'à prendre. Découpée en losanges, elle se garde des semaines et accompagne merveilleusement la fin d'un repas ou une visite.
Pourquoi ce plat ? Les confitures sèches closent les grands repas du XVIIe siècle et se conservent tout l'hiver. Le cotignac, pâte de coing parfumée, était une douceur fameuse — on en offrait même aux rois en visite. Pour un homme de lettres recevant chez lui après le théâtre, c'est la friandise raffinée qu'on présente avec le vin.
Voilà une douceur qui demande de la patience, vertu que le théâtre m'a bien apprise. Le coing, ce fruit âpre et parfumé que nul ne saurait croquer cru, devient sous le sucre une pâte d'ambre. Il faut le cuire, le passer, puis le remettre au feu et le tourner sans relâche jusqu'à ce qu'il se détache du fond du chaudron. On le coupe ensuite en petits losanges qu'on garde tout l'hiver dans des boîtes. J'en offre volontiers à mes hôtes au sortir de la table, avec un doigt de vin : rien de tel pour prolonger la conversation.
Ingrédients (version d’époque)
- Coings bien mûrs — plusieurs (fruit de base, riche en pectine)
- Sucre (ou miel) — presque autant que de pulpe (conservation et prise de la pâte)
- Eau — ce qu'il faut (première cuisson des coings)
Ingrédients
- Coings — 1 kg (fruit de base)
- Sucre — 700 g (env. le poids de la pulpe) (conservation et texture)
- Jus de citron — 1 cuillère à soupe (ravive le parfum et la couleur)
- Eau — pour couvrir (cuisson initiale)
Préparation
- Lavez les coings en frottant leur duvet, coupez-les en quartiers sans les peler ni ôter les pépins (riches en pectine). Couvrez d'eau et faites cuire jusqu'à ce qu'ils soient bien tendres (≈30-40 min).
- Égouttez, retirez cœurs et pépins, puis passez la pulpe au tamis ou au moulin à légumes pour obtenir une purée lisse.
- Pesez la purée, remettez-la dans une casserole à fond épais avec environ son poids de sucre et le jus de citron.
- Cuisez à feu doux en remuant constamment à la cuillère en bois, 30 à 45 min, jusqu'à ce que la pâte épaississe et se détache du fond en laissant un sillon.
- Étalez sur ≈1,5 cm d'épaisseur dans un plat tapissé de papier sulfurisé, lissez et laissez sécher 24 à 48 h à l'air.
- Découpez en losanges, roulez-les éventuellement dans du sucre et conservez en boîte hermétique.
Comment on faisait : Le cotignac d'Orléans était une spécialité réputée dès le Moyen Âge, traditionnellement présentée dans de petites boîtes rondes en épicéa. Avant que le sucre ne se répande, on le faisait au miel. Les confitures « sèches » comme celle-ci permettaient de conserver les fruits d'automne bien après la saison, à une époque sans réfrigération.
Le twist contemporain : Servez les losanges avec un fromage à pâte pressée (comté, manchego) : l'accord coing-fromage est un classique qui ravira les palais d'aujourd'hui.
Sources : Nicolas de Bonnefons, Les Délices de la campagne, 1654 · Marie-Antoine Carême (pour la tradition de la pâte de coing), Le Pâtissier royal parisien, 1815
Jean Racine · Charactorium





