La carte de Khoja Ahrar
Non-i toki (pain du four enterré)
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Non (pain quotidien)

Non-i toki (pain du four enterré)

QuotidienDocumentée🧂facile1h30
Non (pain quotidien)

Non-i toki (pain du four enterré)

Pourquoi ce plat ? Le non (pain plat) est le fondement sacré de chaque repas centrasiatique — on ne le coupe jamais au couteau, on le rompt à la main. Khoja Ahrar, dont les textes hagiographiques rapportent qu'il partageait sa table avec les plus humbles, commençait chaque repas par la fraction du non. Ses domaines dans la région de Tachkent (Chach) produisaient le blé qui le nourrissait.

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Non (pain quotidien)

Pain plat rond cuit collé aux parois brûlantes d'un tandyr (four enterré), décoré de motifs estampés au centre et parsemé de graines de sésame et de nigelle. Croustillant à l'extérieur, moelleux à l'intérieur, il est le compagnon indispensable de tout repas centrasiatique.

Le non, c'est la baraka de la table. Avant de rompre le pain, je prononce le nom de Dieu, et mes hôtes font de même. Mon boulanger descend chaque galette dans le tandyr à mains nues — la chaleur ne l'atteint plus, tant ses paumes sont endurcies par l'usage. Il estampe le centre avec le chekich pour que le pain cuise à plat sans gonfler, et il parsème les graines de kalonji que mon jardinier du Chach a récoltées. Quand le non sort du four, doré comme le dôme du Registan, je le pose toujours face décorée vers le ciel, car retourner le pain est un affront à la Providence.
Khoja Ahrar
Ingrédients
  • Farine de bléabondante (Base)
  • Eau tièdesuffisante (Hydratation)
  • Levain naturelun morceau de pâte de la veille (Levée)
  • Selune pincée (Goût)
  • Lait caillé (qatiq)un peu (Moelleux)
  • Graines de sésame et de nigelle (kalonji)une poignée (Décor et saveur)
Comment on faisait : Le non est cuit dans un tandyr (four en argile enterré ou semi-enterré) depuis des millénaires en Asie centrale. Les galettes sont plaquées contre la paroi brûlante par un boulanger spécialisé (nonvoy). Le chekich, tampon à picots en bois ou en os, crée les motifs décoratifs au centre qui empêchent aussi le pain de gonfler de façon inégale. Retourner un non face vers le bas est considéré comme un manque de respect dans la culture ouzbèke. Chaque ville avait ses variantes : le non de Samarcande était réputé pour sa conservation longue.
Sources : Glenn Randall Mack et Asele Surina, Food Culture in Russia and Central Asia, Greenwood Press, 2005 · UNESCO, Le pain plat : fabrication et partage du lavash, katyrma, jupka, yufka (patrimoine culturel immatériel), 2016

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