La carte de Dede Korkut
Şorpa oghouze
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Aş (soupe-repas au chaudron)

Şorpa oghouze

QuotidienReconstitution🧂 🍄facile2 h 45
Aş (soupe-repas au chaudron)

Şorpa oghouze

Pourquoi ce plat ? La şorpa (bouillon de mouton) est le repas quotidien de la yourte oghouze. Dans le Livre de Dede Korkut, les scènes domestiques décrivent la mère ou l'épouse qui fait bouillir la viande au chaudron. C'est le plat que Dede Korkut, le vieux sage, aurait mangé chaque soir dans la yourte hospitalière qui l'accueille — un bol chaud et réconfortant après une journée de récits au kopuz.

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Aş (soupe-repas au chaudron)

Bouillon clair et gras de mouton longuement mijoté avec des os, enrichi d'oignons et de quelques herbes sauvages de la steppe. On y trempe du pain plat émietté. C'est un plat humble, nourrissant, quotidien — le fond de marmite de toute vie nomade turque.

La steppe ne connaît pas la faim de celui qui possède un chaudron et un mouton. Le soir, quand les troupeaux sont rentrés et que le feu de tezek rougeoie, ma bru met les os et l'épaule dans le kazan avec de l'eau du puits. Elle jette une poignée d'oignons sauvages et quelques tiges de ces herbes qui poussent au bord du Seyhun. Puis on attend, et moi je chante, car la şorpa se fait lentement comme un bon récit. Quand le bouillon est limpide et doré et que la viande se détache, on casse le pain dedans et chacun mange à sa faim. C'est le repas de tous les jours des Oghouzes, et il n'en faut pas davantage.
Dede Korkut
Ingrédients
  • Os et épaule de moutonun bon morceau avec l'os (base du bouillon)
  • Eau de sourceà couvrir largement (liquide)
  • Oignons sauvagesquelques-uns (aromate)
  • Herbes de la steppe (serpolet, coriandre sauvage)une poignée (parfum)
  • Sel gemmeselon le goût (assaisonnement)
  • Pain plat (yupka)pour tremper (accompagnement)
Comment on faisait : La şorpa (chorba, shorpo) est le plat le plus universel et le plus ancien de la cuisine des steppes. Tout peuple nomade possédant un chaudron et un troupeau fait ce bouillon. La carotte (originaire d'Asie centrale) y figurait peut-être déjà sous forme sauvage. Le pain plat (yupka ou çörek) cuit sur une plaque de fer ou directement dans les cendres accompagne systématiquement la soupe.
Sources : Le Livre de Dede Korkut, trad. Louis Bazin & Altan Gokalp, Gallimard, 1998 · Buell, Paul D. & Anderson, Eugene N., A Soup for the Qan, Brill, 2010 · Mahmoud de Kachgar, Dîvânu Lugâti't-Türk, XIe siècle

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