La carte de Louis Aragon
Le plat de la débrouille (le plat unique et nourrissant qui tient lieu de repas quand les tickets manquent)

Gratin de topinambours de la Zone libre

ConservationDocumentée🧂 🍄facile50 min

Des topinambours fondants, gratinés au lait et à l'ail, dorés au four. Un légume rustique au goût d'artichaut, sauveur des hivers de guerre, transformé en plat réconfortant.

Le plat de la débrouille (le plat unique et nourrissant qui tient lieu de repas quand les tickets manquent)

Des topinambours fondants, gratinés au lait et à l'ail, dorés au four. Un légume rustique au goût d'artichaut, sauveur des hivers de guerre, transformé en plat réconfortant.

Ces hivers-là, dans le Sud où nous vivions cachés, le ventre criait souvent famine. Le topinambour, on l'avait méprisé avant la guerre — et il nous a sauvés. Je le faisais cuire doucement dans un peu de lait, une gousse d'ail, et l'on oubliait, le temps d'un plat fumant, que la Résistance se gagnait aussi à coups d'estomac vide. Crois-moi, rien n'a meilleur goût qu'un repas chaud quand tout est rare.
Louis Aragon
Ingrédients
  • Topinamboursce qu'on trouvait (base)
  • Laitle peu disponible (liant du gratin)
  • Ailune gousse (parfum)
  • Graisse ou beurreun soupçon (matière grasse)
  • Persil, sel, poivreselon le jardin (assaisonnement)
Comment on faisait : Pendant l'Occupation, le topinambour et le rutabaga — réservés au bétail avant-guerre — devinrent la base de l'alimentation civile. On les conservait facilement en cave tout l'hiver, et les ménagères rivalisaient d'astuce pour les rendre appétissants malgré le manque de matières grasses.