La carte de Madame de Sévigné
Perdreaux rôtis à l'orange amère
retourner
Rôt (service des viandes à la broche)

Perdreaux rôtis à l'orange amère

FestifReconstitution🧂 🍋moyen50 min
Rôt (service des viandes à la broche)

Perdreaux rôtis à l'orange amère

Pourquoi ce plat ? Madame de Sévigné a laissé la plus célèbre relation du festin donné à Chantilly pour Louis XIV en avril 1671 — celui où le maître d'hôtel Vatel se transperça l'épée, croyant la marée perdue. Le gibier rôti à la broche était la pièce maîtresse de ces fastes de cour qu'elle décrivait avec tant d'esprit.

cliquer pour retourner
Rôt (service des viandes à la broche)

Des perdreaux bardés de lard, dorés à la broche et nappés d'un jus relevé au suc d'orange amère et au beurre. Le rôt était le sommet du repas de fête, ce moment où l'on apportait les plus belles bêtes, gloire du cuisinier et du maître de maison.

Il faut que je vous conte les festins de Chantilly, car de ma vie je n'ai vu pareille magnificence. Les rôts arrivaient en montagnes parfumées, et le pauvre Vatel veillait à tout avec une exactitude qui lui coûta la vie. Pour moi, je tiens qu'un perdreau bien doré, arrosé de son jus et d'un trait d'orange aigre, vaut tous les discours : on le sert tout fumant, on le partage, et l'on oublie un moment les chagrins de ce monde. Goûtez-y, et vous me direz si la cour avait tort de s'en régaler.
Madame de Sévigné
Ingrédients
  • Perdreauxdeux beaux oiseaux (pièce principale)
  • Bardes de lardde quoi envelopper (protège et nourrit la chair)
  • Beurre fraisun bon morceau (arrosage, sauce)
  • Oranges amères (bigarades)une ou deux (acidité, parfum)
  • Sel et muscadeau goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Le rôt se faisait à la broche devant l'âtre, arrosé sans relâche par un marmiton. L'orange amère (bigarade) et le verjus apportaient l'acidité que le citron et le vinaigre partageaient à l'époque, là où le Moyen Âge eût noyé la viande sous le safran et la cannelle. La cuisine de La Varenne privilégie désormais le jus court et le beurre.
Sources : La Varenne, Le Cuisinier françois, 1651 · Madame de Sévigné, Lettres (relation de la mort de Vatel, 24-26 avril 1671)

Voir aussi