La carte de Jean de La Bruyère
Rôt (deuxième service)

Perdreaux rôtis à la sauce verjus

FestifReconstitution🧂 🍋 🍄moyen50 min

Une perdrix rôtie à la broche, nappée d'une sauce courte au verjus, vin et épices douces : l'acidité classique qui réveille le gibier.

Rôt (deuxième service)

Une perdrix rôtie à la broche, nappée d'une sauce courte au verjus, vin et épices douces : l'acidité classique qui réveille le gibier.

À Chantilly, le gibier ne manque jamais, et l'on y rôtit le perdreau comme nulle part ailleurs. Faites-le tourner à la broche jusqu'à ce que sa peau dore et craque ; déglacez le lèchefrite d'un trait de verjus et de vin, relevez d'un soupçon de cannelle et de girofle. C'est là tout l'art : ni trop d'épices, qui sentent l'apothicaire, ni trop peu. Le Prince en redemandait ; moi, j'en prenais une aile, et je regardais les autres se gorger.
Jean de La Bruyère
Ingrédients
  • Perdreauxdeux, plumés et bardés de lard (pièce maîtresse rôtie)
  • Lard grasquelques bardes (garde la chair moelleuse)
  • Verjusun demi-verre (acidité signature)
  • Vin blancun verre (base de la sauce)
  • Cannelle, clou de girofle, muscadeune pincée (épices douces)
  • Sel, poivreselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Le rôt « à la broche » devant le feu était la pièce d'honneur du repas. La cuisine de Louis XIV abandonne l'avalanche d'épices du Moyen Âge pour des accords plus nets : le verjus, jus pressé de raisins encore verts, donnait l'acidité que le citron, encore rare et coûteux, n'apportait qu'aux plus riches. Massialot codifiera ces sauces courtes à la fin du siècle.
Sources : François Massialot, Le Cuisinier roïal et bourgeois, 1691 · La Varenne, Le Cuisinier françois, 1651