Beef Tea (bouillon de bœuf restaurateur)
Un bouillon de bœuf extrêmement concentré, clair et profondément savoureux, servi chaud comme fortifiant. Pas une soupe : une essence de viande, longuement extraite à feu très doux.
Un bouillon de bœuf extrêmement concentré, clair et profondément savoureux, servi chaud comme fortifiant. Pas une soupe : une essence de viande, longuement extraite à feu très doux.
Quand on était souffrant, ou simplement vidé par le travail, ma mère — et plus tard les logeuses de Londres — vous préparait un beef tea. Ce n'était pas une soupe, comprenez-le bien : c'était l'essence même de la viande, tirée à feu si doux qu'elle ne bouillait jamais. On le buvait brûlant, dans une tasse, et l'on jurait sentir ses forces revenir. Médecine de bonne femme, peut-être — mais après une nuit blanche penché sur mes fibres d'ADN, je n'aurais boudé personne qui m'en eût tendu une tasse.
- •Bœuf maigre — une bonne pièce, finement hachée (source de l'essence)
- •Eau froide — juste à couvrir (extraction)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
Beef Tea (bouillon de bœuf restaurateur)
Un bouillon de bœuf extrêmement concentré, clair et profondément savoureux, servi chaud comme fortifiant. Pas une soupe : une essence de viande, longuement extraite à feu très doux.
Pourquoi ce plat ? Wilkins, de santé fragile et de tempérament nerveux, appartenait à une génération élevée dans la croyance aux vertus reconstituantes du beef tea — un bouillon clair que les familles britanniques administraient aux convalescents et aux étudiants épuisés. Ce remède de garde-malade traversait tout le début du XXe siècle.
Quand on était souffrant, ou simplement vidé par le travail, ma mère — et plus tard les logeuses de Londres — vous préparait un beef tea. Ce n'était pas une soupe, comprenez-le bien : c'était l'essence même de la viande, tirée à feu si doux qu'elle ne bouillait jamais. On le buvait brûlant, dans une tasse, et l'on jurait sentir ses forces revenir. Médecine de bonne femme, peut-être — mais après une nuit blanche penché sur mes fibres d'ADN, je n'aurais boudé personne qui m'en eût tendu une tasse.
Ingrédients (version d’époque)
- Bœuf maigre — une bonne pièce, finement hachée (source de l'essence)
- Eau froide — juste à couvrir (extraction)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Bœuf à braiser maigre (gîte) — 500 g, haché fin ou émincé (base)
- Eau froide — 500 ml (extraction)
- Sel — selon goût (assaisonnement)
- Poivre — 1 pincée (relief (option))
Préparation
- Mettre le bœuf finement coupé dans un bocal ou une casserole avec l'eau froide, sans faire bouillir.
- Laisser reposer 30 min pour amorcer l'extraction, puis chauffer très doucement (bain-marie idéal) 2 à 3 h sans jamais atteindre l'ébullition.
- Filtrer à travers une étamine en pressant bien pour recueillir le liquide clair.
- Dégraisser, saler légèrement et servir bien chaud dans une tasse.
Comment on faisait : Le beef tea fut un pilier de la médecine domestique victorienne et édouardienne, recommandé par Mrs Beeton et popularisé sous forme commerciale par des produits comme le Bovril. On le pensait plus digeste et fortifiant qu'un repas solide pour les malades. La science moderne y voit surtout un bouillon réconfortant, riche en goût mais pauvre en nutriments.
Le twist contemporain : Servez-le en tasse à l'apéritif d'hiver, à la manière d'un consommé clair : c'est l'ancêtre direct du bouillon Bovril que les Britanniques boivent encore dans les tribunes de football.
Maurice Wilkins · Charactorium