retournerOlla podrida (marmite castillane des jours de fête)
Olla podrida (marmite castillane des jours de fête)
Pourquoi ce plat ? Dès la première page, Cervantes décrit l'ordinaire de don Quichotte : « una olla de algo más vaca que carnero » — une marmite où la vache l'emporte un peu sur le mouton, signe de petite bourse. L'olla podrida en est la version opulente des jours de fête, rêve de tout hidalgo affamé.
La grande marmite mijotée de Castille : pois chiches, plusieurs viandes, lard et saucisse, longuement cuits ensemble, parfumés de safran. Le festin des jours fastes par opposition à l'olla maigre du quotidien.
Voilà le plat des rois et le songe des pauvres ! Quand la bourse le permettait — ce qui, hélas, fut rare en ma vie — on emplissait la marmite de terre de pois chiches mis à tremper la veille, de vache, de mouton, d'un bon morceau de lard et d'une saucisse, et l'on faisait mijoter tout cela des heures durant près du feu. Une pincée de safran pour la couleur de l'or que je n'avais point, et la maison entière embaumait. Sers d'abord le bouillon, puis les viandes : c'est tout un repas dans une seule écuelle.
- •Pois chiches — une bonne mesure, trempés la veille (socle)
- •Viande de bœuf et de mouton — selon la bourse (viandes)
- •Lard et os à moelle — un morceau (gras et bouillon)
- •Saucisse (longaniza) — une (charcuterie fermentée)
- •Navet, chou, oignon, ail — quelques-uns (légumes)
- •Safran — une pincée de stigmates (couleur et parfum)
Olla podrida (marmite castillane des jours de fête)
La grande marmite mijotée de Castille : pois chiches, plusieurs viandes, lard et saucisse, longuement cuits ensemble, parfumés de safran. Le festin des jours fastes par opposition à l'olla maigre du quotidien.
Pourquoi ce plat ? Dès la première page, Cervantes décrit l'ordinaire de don Quichotte : « una olla de algo más vaca que carnero » — une marmite où la vache l'emporte un peu sur le mouton, signe de petite bourse. L'olla podrida en est la version opulente des jours de fête, rêve de tout hidalgo affamé.
Voilà le plat des rois et le songe des pauvres ! Quand la bourse le permettait — ce qui, hélas, fut rare en ma vie — on emplissait la marmite de terre de pois chiches mis à tremper la veille, de vache, de mouton, d'un bon morceau de lard et d'une saucisse, et l'on faisait mijoter tout cela des heures durant près du feu. Une pincée de safran pour la couleur de l'or que je n'avais point, et la maison entière embaumait. Sers d'abord le bouillon, puis les viandes : c'est tout un repas dans une seule écuelle.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois chiches — une bonne mesure, trempés la veille (socle)
- Viande de bœuf et de mouton — selon la bourse (viandes)
- Lard et os à moelle — un morceau (gras et bouillon)
- Saucisse (longaniza) — une (charcuterie fermentée)
- Navet, chou, oignon, ail — quelques-uns (légumes)
- Safran — une pincée de stigmates (couleur et parfum)
Ingrédients
- Pois chiches secs — 400 g (trempés 12 h) (socle)
- Jarret de bœuf — 400 g (viande)
- Épaule de mouton ou d'agneau — 300 g (viande)
- Lard / poitrine salée — 150 g (gras)
- Saucisse type longaniza ou saucisse à cuire — 1 (charcuterie)
- Navet, 1/4 de chou, 1 oignon, 2 gousses d'ail — — (légumes)
- Safran — 1 pincée (12-15 stigmates) (couleur et parfum)
- Sel — selon le goût (assaisonnement)
Préparation
- Égoutter les pois chiches trempés. Les mettre dans une grande marmite avec le bœuf, le mouton, le lard et l'os, couvrir d'eau froide.
- Porter doucement à frémissement, écumer, puis cuire à petit feu 1 h 30 à couvert.
- Ajouter l'oignon piqué, l'ail, le navet en morceaux et le safran ; poursuivre 45 min.
- Ajouter le chou et la saucisse, cuire encore 30 min jusqu'à ce que pois chiches et viandes soient fondants.
- Saler en fin de cuisson. Servir le bouillon d'abord, puis les viandes et légumes en plat.
Comment on faisait : L'olla podrida (« marmite pourrie », au sens d'extrêmement riche et fondante) était le plat de prestige de la Castille du XVIe-XVIIe siècle, décrit par les cuisiniers royaux. La version quotidienne des humbles, plus maigre, se nommait simplement « olla » ou « puchero ». On la cuisait des heures dans une marmite de terre, parfois enterrée dans les braises.
Le twist contemporain : Présenter en service à deux temps comme dans les ventas de l'époque : tasse de bouillon doré en entrée, puis plat de viandes et pois chiches partagé au centre de la table.
Sources : Miguel de Cervantes, Don Quichotte, I, 1 (1605) · Diego Granado, Libro del arte de cozina (1599) · Francisco Martínez Montiño, Arte de cocina (1611)
Miguel de Cervantes · Charactorium





