La carte de Raphaël
Cotognata — pâte de coings du garde-manger
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Servizio di credenza / confettura di conserva (confiture ferme du buffet, mets de conservation)

Cotognata — pâte de coings du garde-manger

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Servizio di credenza / confettura di conserva (confiture ferme du buffet, mets de conservation)

Cotognata — pâte de coings du garde-manger

Pourquoi ce plat ? Dans une maison aisée de la Rome de Raphaël, l'office gardait des confitures fermes pour passer l'année. La cotognata — pâte de coings prise en tablettes — se découpait en losanges parfumés qu'on offrait avec l'ipocrasso à la fin du repas, ou que l'on emportait en réserve. Une douceur qui dure, comme on souhaitait que durent les fresques.

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Servizio di credenza / confettura di conserva (confiture ferme du buffet, mets de conservation)

Une pâte épaisse de coings cuits et passés, longuement réduite avec du sucre jusqu'à se figer en tablette ferme et translucide, ambrée et acidulée, qu'on découpe en losanges.

Voici une douceur de garde, comme on en tenait dans tout office bien ordonné. On cuit le coing — ce fruit dur et parfumé — jusqu'à ce qu'il cède, on le passe, et l'on remue sa pulpe avec le sucre sur le feu, longtemps, jusqu'à ce que la cuiller y trace un sillon qui ne se referme plus. On l'étend, on la laisse prendre, puis on la taille en losanges qu'on garde des semaines durant. À la fin du repas, avec une coupe d'ipocrasso, c'est un plaisir simple et tenace — j'en avais toujours quelque tablette à portée du pinceau.
Raphaël
Ingrédients
  • Coingsplusieurs, bien mûrs (fruit de base)
  • Sucre (ou miel)poids égal à la pulpe (conservateur et douceur)
  • Eau de rose ou eau de fleur d'orangerun trait (facultatif) (parfum)
Comment on faisait : Le coing, trop âpre cru, était le fruit de conserve par excellence. Les confitures fermes de coing (l'ancêtre commun de la cotognata italienne, du membrillo et de la cotignac) traversent toute l'Europe médiévale et renaissante. Le sucre, encore coûteux, en faisait un luxe de garde-manger bourgeois et noble.
Sources : Maestro Martino, Libro de arte coquinaria, v. 1465 · Bartolomeo Platina, De honesta voluptate, 1474

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