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Aïgo boulido (l'eau bouillie à l'ail)
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Soupe-socle du quotidien provençal

Aïgo boulido (l'eau bouillie à l'ail)

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile25 min
Soupe-socle du quotidien provençal

Aïgo boulido (l'eau bouillie à l'ail)

Pourquoi ce plat ? La soupe la plus pauvre et la plus tenace de Provence, celle qu'on prépare quand le garde-manger est vide — comme souvent à Céreste pendant la Résistance. Elle colle à la philosophie de Char : faire beaucoup avec peu, puiser sa force dans la terre du Vaucluse.

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Soupe-socle du quotidien provençal

Un bouillon clair d'ail, de sauge et de laurier, versé bouillant sur des tranches de pain rassis arrosées d'huile d'olive. Trois fois rien, et pourtant tout un pays dans une cuillère.

Ne te fie pas à sa pauvreté, ami : cette eau-là sauve l'homme. À Céreste, quand le pain manquait et que la nuit appartenait au maquis, ma mère et les femmes du pays faisaient bouillir l'ail avec la sauge cueillie au bord du chemin. On en versait une louche brûlante sur le quignon dur, un trait d'huile par-dessus, et le corps repartait. La Provence tient debout dans ce bol qui ne paie pas de mine.
René Char
Ingrédients
  • Ail du jardinune grosse tête (base aromatique et tonique)
  • Sauge fraîchequelques feuilles (parfum, vertu digestive)
  • Laurierune feuille (parfum)
  • Pain rassisvieilles tranches (socle nourrissant)
  • Huile d'oliveau goût (liant, richesse)
  • Selselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : L'aïgo boulido est un classique de la cuisine de subsistance provençale, réputé remède contre la fatigue et les lendemains difficiles, d'où le dicton « l'aïgo boulido sauvo la vido » (l'eau bouillie sauve la vie). On le préparait avec ce qu'on avait : ail, herbes du talus, pain dur.
Sources : J.-B. Reboul, La Cuisinière provençale (1897)

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