La carte de Robert Desnos
Le noir du matin (la première gorgée debout au zinc)

Café-crème du comptoir

BoissonDocumentéefacile5 min

Un café noir bien serré adouci d'un nuage de lait chaud mousseux, servi dans une tasse épaisse au comptoir. Le carburant des poètes et le prétexte de toutes les conversations.

Le noir du matin (la première gorgée debout au zinc)

Un café noir bien serré adouci d'un nuage de lait chaud mousseux, servi dans une tasse épaisse au comptoir. Le carburant des poètes et le prétexte de toutes les conversations.

Le café, mon ami, ce n'est pas une boisson, c'est une adresse ! Place Blanche, au Cyrano, on s'y retrouvait tous les jours — Breton, Péret, la bande — et le garçon connaissait nos manies. Moi je le prends crème, le noir adouci d'un peu de lait chaud, dans la grosse tasse blanche qui te chauffe les paumes. On y restait des heures à jouer aux mots, à inventer, à se disputer. Une tasse vide ne veut rien dire : c'est le temps qu'on passe autour qui compte.
Robert Desnos
Ingrédients
  • Café fraîchement moulu, torréfié serréde quoi tirer une tasse forte (base amère)
  • Laitun nuage chaud (adoucir)
  • Sucre (morceau)selon le goût (douceur facultative)
Comment on faisait : Le café de comptoir structure la journée parisienne du début du XXe siècle. Mais sous l'Occupation, le vrai café disparut presque entièrement : on but du café national, un ersatz à base d'orge grillée, de glands ou de chicorée, amer et fade. Retrouver une vraie tasse de café était alors un luxe rare et émouvant.
Sources : Anne Egger, Robert Desnos, Fayard, 2007 · Mark Polizzotti, Revolution of the Mind: The Life of André Breton, 1995