Casse-croûte d'usine
La gamelle de pain bis et de fromage
QuotidienDocumentée🧂 🫙facile5 min
Un casse-croûte volontairement pauvre : du pain dense, un fromage de garde et une pomme. Rien de plus que ce qu'un ouvrier pouvait glisser dans sa poche pour tenir la journée.
Casse-croûte d'usine
Un casse-croûte volontairement pauvre : du pain dense, un fromage de garde et une pomme. Rien de plus que ce qu'un ouvrier pouvait glisser dans sa poche pour tenir la journée.
Ne vous attendez pas à un festin : ce pain noir et ce coin de fromage sont tout ce que je m'autorise, car comment pourrais-je avaler davantage quand l'homme à l'établi voisin n'a pas plus ? La faim, voyez-vous, attache l'esprit au corps des autres ; elle est une forme d'attention. Je rompais le pain entre deux pièces à percer, l'huile parfois sur la mie, et j'y trouvais une joie austère que les tables riches ignorent. Mangez lentement, et pensez à celui dont les mains ont fait pousser ce blé.
Ingrédients
- •Pain bis (farine bise au levain) — un quignon (base nourrissante)
- •Fromage de garde (cantal, tomme) — un morceau (protéine, sel)
- •Pomme — 1 (fraîcheur, dessert sobre)
- •Huile d'olive — un filet (facultatif) (liant, rare luxe)
Comment on faisait : Les ouvriers de l'entre-deux-guerres emportaient leur repas froid dans un linge ou une gamelle ; pain et fromage formaient le « casse-croûte » universel, complété d'un fruit de saison et parfois d'un peu de vin coupé d'eau.
Sources : Simone Weil, La Condition ouvrière (journal d'usine, 1934-1935) · Simone Pétrement, La Vie de Simone Weil (1973)