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La gamelle de pain bis et de fromage
Pourquoi ce plat ? En 1934-1935, Simone Weil quitte l'enseignement pour s'embaucher comme ouvrière, notamment chez Renault à Billancourt, afin de partager la condition des opprimés. Son ordinaire était celui des travailleurs : un quignon de pain, un morceau de fromage, un fruit, mangés vite entre deux postes. Elle s'interdisait par principe de manger mieux que les plus humbles.
Un casse-croûte volontairement pauvre : du pain dense, un fromage de garde et une pomme. Rien de plus que ce qu'un ouvrier pouvait glisser dans sa poche pour tenir la journée.
Ne vous attendez pas à un festin : ce pain noir et ce coin de fromage sont tout ce que je m'autorise, car comment pourrais-je avaler davantage quand l'homme à l'établi voisin n'a pas plus ? La faim, voyez-vous, attache l'esprit au corps des autres ; elle est une forme d'attention. Je rompais le pain entre deux pièces à percer, l'huile parfois sur la mie, et j'y trouvais une joie austère que les tables riches ignorent. Mangez lentement, et pensez à celui dont les mains ont fait pousser ce blé.
- •Pain bis (farine bise au levain) — un quignon (base nourrissante)
- •Fromage de garde (cantal, tomme) — un morceau (protéine, sel)
- •Pomme — 1 (fraîcheur, dessert sobre)
- •Huile d'olive — un filet (facultatif) (liant, rare luxe)
La gamelle de pain bis et de fromage
Un casse-croûte volontairement pauvre : du pain dense, un fromage de garde et une pomme. Rien de plus que ce qu'un ouvrier pouvait glisser dans sa poche pour tenir la journée.
Pourquoi ce plat ? En 1934-1935, Simone Weil quitte l'enseignement pour s'embaucher comme ouvrière, notamment chez Renault à Billancourt, afin de partager la condition des opprimés. Son ordinaire était celui des travailleurs : un quignon de pain, un morceau de fromage, un fruit, mangés vite entre deux postes. Elle s'interdisait par principe de manger mieux que les plus humbles.
Ne vous attendez pas à un festin : ce pain noir et ce coin de fromage sont tout ce que je m'autorise, car comment pourrais-je avaler davantage quand l'homme à l'établi voisin n'a pas plus ? La faim, voyez-vous, attache l'esprit au corps des autres ; elle est une forme d'attention. Je rompais le pain entre deux pièces à percer, l'huile parfois sur la mie, et j'y trouvais une joie austère que les tables riches ignorent. Mangez lentement, et pensez à celui dont les mains ont fait pousser ce blé.
Ingrédients (version d’époque)
- Pain bis (farine bise au levain) — un quignon (base nourrissante)
- Fromage de garde (cantal, tomme) — un morceau (protéine, sel)
- Pomme — 1 (fraîcheur, dessert sobre)
- Huile d'olive — un filet (facultatif) (liant, rare luxe)
Ingrédients
- Pain de campagne complet au levain — 2 belles tranches (base nourrissante)
- Cantal entre-deux ou tomme de Savoie — 80 g (protéine, sel)
- Pomme (reinette) — 1 (fraîcheur)
- Huile d'olive vierge — 1 c. à café (liant)
Préparation
- Coupez deux tranches épaisses de pain de campagne, sans les griller.
- Détaillez le fromage en lamelles et déposez-le sur le pain.
- Arrosez d'un trait d'huile d'olive si vous le souhaitez.
- Lavez la pomme et mangez le tout debout ou en marchant, comme on le faisait à la pause de l'atelier.
Comment on faisait : Les ouvriers de l'entre-deux-guerres emportaient leur repas froid dans un linge ou une gamelle ; pain et fromage formaient le « casse-croûte » universel, complété d'un fruit de saison et parfois d'un peu de vin coupé d'eau.
Le twist contemporain : Servez sur une planche de bois brut avec le fromage à température ambiante : la sobriété devient élégance.
Sources : Simone Weil, La Condition ouvrière (journal d'usine, 1934-1935) · Simone Pétrement, La Vie de Simone Weil (1973)
Simone Weil · Charactorium





