La carte de Simone Weil
Le café de chicorée des temps difficiles
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Boisson chaude de privation

Le café de chicorée des temps difficiles

BoissonReconstitutionfacile5 min
Boisson chaude de privation

Le café de chicorée des temps difficiles

Pourquoi ce plat ? Pendant la guerre et l'Occupation, le vrai café manque ; on le remplace par de la chicorée torréfiée, boisson amère du pauvre. Pour Simone Weil, qui rationnait sa propre nourriture jusqu'à l'épuisement par solidarité avec la France occupée, cet ersatz amer était l'exacte boisson de l'affliction qu'elle voulait partager.

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Boisson chaude de privation

Une infusion sombre et amère de racine de chicorée torréfiée, bue très chaude pour réchauffer le corps et tromper l'estomac. Le « café » de ceux qui n'ont pas de café.

Le café véritable, nous n'en avions plus ; alors nous faisions chauffer cette chicorée noire qui n'en a que la couleur et l'amertume. Ne grimacez pas : il y a dans ce goût âpre une vérité que le sucre dissimule toujours. Je la buvais sans rien, ou à peine une goutte de lait, en pensant à tous ceux qui, ce matin-là, n'avaient même pas cela pour se réchauffer les mains. Buvez-la brûlante, et tenez le bol à deux paumes ; c'est déjà une consolation.
Simone Weil
Ingrédients
  • Racine de chicorée torréfiée et moulue1 cuillerée (base amère)
  • Eau bouillanteun bol (infusion)
  • Laitun nuage (si l'on en a) (adoucir, rare)
Comment on faisait : La chicorée, cultivée dans le Nord de la France, était torréfiée et moulue comme du café dès le XIXe siècle ; en temps de pénurie elle devenait le « café » national, souvent mélangée au peu de café restant.
Sources : Usages domestiques de la chicorée torréfiée, Nord de la France, XXe s. · Témoignages de la vie quotidienne sous l'Occupation

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