Imaginary interview

Imaginary interview with Baldr

by Charactorium · Baldr · Mythology · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Baldr
Wikimedia Commons, Public domain — Jacques Reich

Dans la salle de Breiðablik, là où nul mensonge ne franchit le seuil, une lumière dorée baigne les murs d'argent. Baldr, le plus doux des Ases, accepte de parler de son destin déjà écrit — celui d'un dieu que la mort n'a fait qu'éloigner un temps du monde des vivants.

On dit que votre demeure est le lieu le plus pur d'Asgard. Comment décririez-vous ce que l'on ressent en y entrant ?

Ici, à Breiðablik, les murs sont d'argent et le toit d'or, et rien de souillé ne peut en franchir le seuil — ni mensonge, ni ruse, ni pensée trouble. Les Ases disent qu'une clarté rayonne de moi comme d'une source, et je crois qu'ils ont raison : je m'éveille chaque matin enveloppé d'une lumière qui n'est pas la mienne, seulement celle qui me traverse. Mon père Odin m'appelle le plus miséricordieux des dieux, le plus éloquent aussi, mais ces mots me pèsent parfois. Car un lieu où rien d'impur n'entre est aussi un lieu que la douleur du monde ne peut atteindre — et pourtant elle m'a trouvé.

Un lieu où rien d'impur n'entre est aussi un lieu que la douleur du monde ne peut atteindre.

Avant tout drame, il y eut vos rêves. Que voyiez-vous, la nuit, dans le sommeil des dieux ?

Des songes lourds, si lourds que les festins d'Asgard s'assombrissaient à mesure que je les racontais. Je ne comprenais pas leur langue, mais je sentais leur poids — comme une main posée sur la poitrine. Mon père ne supporta pas ce mystère : il enfourcha Sleipnir et descendit vers l'orient jusqu'à la tombe d'une völva morte depuis longtemps, qu'il réveilla par ses incantations, par ce seiðr qu'il connaît mieux que quiconque. La devineresse lui livra ce qu'il redoutait : ma fin était proche, et elle serait le premier signe du Ragnarök, ce destin des dieux où tout doit périr avant de renaître. Ainsi mes rêves n'étaient pas des rêves — c'était l'avenir qui frappait à ma porte.

Mes rêves n'étaient pas des rêves — c'était l'avenir qui frappait à ma porte.

Votre mère aurait tenté l'impossible pour vous protéger. Que fit-elle exactement ?

Frigg, ma mère, prit ces songes comme une déclaration de guerre au destin. Elle parcourut le monde entier, chaque royaume, chaque forêt, chaque grève, et fit jurer à toute chose — le feu et l'eau, le fer et la pierre, les bêtes, les serpents, les maladies elles-mêmes — de ne jamais me faire de mal. Et le serment fut prêté par l'univers entier. Mais elle passa devant une pousse frêle qui grimpait à l'ouest de la Valhöll, le gui, et le jugea trop jeune, trop tendre pour exiger de lui une promesse. Un rejeton sans conséquence. Vous voyez : ce n'est pas la haine qui me tua, ni la force d'un géant. Ce fut la tendresse d'une mère pour une plante qu'elle crut inoffensive.

Ce n'est pas la haine qui me tua, ce fut la tendresse d'une mère pour une plante qu'elle crut inoffensive.

On raconte que les dieux firent de votre invulnérabilité un jeu. Comment cela se passait-il ?

Quand le serment de Frigg fut acquis, je devins pour les Ases une merveille et un divertissement. On me plaçait au centre de l'assemblée, et l'on me lançait tout ce qui pouvait blesser — lances, épées, pierres jetées à pleines mains. Rien ne m'entamait ; les armes ricochaient, glissaient, s'écartaient de ma peau comme l'eau d'un rocher. Les dieux riaient, y voyaient un honneur qui m'était rendu, la preuve vivante que le monde entier veillait sur moi. Je riais aussi, je l'avoue. Nous ne savions pas — ou nous feignions de ne pas savoir — qu'un jeu bâti sur une seule faille n'attend que la main qui connaîtra cette faille pour cesser d'être un jeu.

Un jeu bâti sur une seule faille n'attend que la main qui connaîtra cette faille.

Cette main, ce fut celle d'un aveugle. Comment le coup fatal fut-il porté ?

Loki ne supportait ni ma lumière ni les rires qui montaient vers moi. Il se déguisa en vieille femme et s'en fut trouver ma mère, qui, sans méfiance, lui confia l'unique oubli : le gui, à l'ouest de la Valhöll. Il tailla dans cette plante un trait acéré, puis s'approcha de mon frère Höðr, resté à l'écart du cercle parce qu'il était aveugle et ne pouvait viser. « Fais honneur à ton frère comme les autres », lui souffla-t-il en plaçant l'arme dans sa main et en guidant son bras. Le gui vola. Il me transperça. Je tombai sans un cri, et le rire d'Asgard se changea en un silence que les dieux n'avaient jamais connu — le premier deuil des immortels.

Je tombai sans un cri, et le rire d'Asgard se changea en le premier deuil des immortels.
Baldr
BaldrWikimedia Commons, Public domain — Inconnu

Après votre mort, un dieu descendit vous chercher. Pouvez-vous raconter cette chevauchée ?

Mon frère Hermóðr ne se résigna pas. Mon père lui prêta Sleipnir, ce cheval à huit jambes seul capable de franchir les mondes, et il chevaucha neuf nuits durant à travers des vallées si profondes et si noires qu'il n'y voyait rien. Il atteignit enfin le Gjallarbrú, ce pont d'or gardé par la géante Móðguðr, et le franchit jusqu'au royaume de Hel, où je siégeais désormais à la place d'honneur. La déesse des morts posa sa condition : que toute chose au monde, vivante ou morte, pleure sur moi. Alors, dit-elle, elle me rendrait aux vivants. Hermóðr repartit porteur d'espoir — et de l'anneau Draupnir que mon père avait posé sur mon bûcher et que je lui renvoyai, dérisoire présent d'un mort à un père.

Un dérisoire présent d'un mort à un père.

Ce retour ne se fit jamais. Qu'est-ce qui l'empêcha ?

Le monde entier pleura. Les hommes et les dieux, les bêtes et la terre, les pierres et les arbres versèrent des larmes pour moi — comme le fer et la pierre pleurent quand on les sort du gel au chaud. Il ne manquait rien à ma délivrance, presque rien. Dans une caverne se tenait une géante nommée Þökk, et lorsqu'on la pria de pleurer, elle répondit d'une voix sèche que Baldr ne lui avait jamais rien donné et qu'elle le laisserait à Hel. Cette géante, c'était Loki encore, sous un dernier masque. Une seule créature refusa une seule larme, et cette larme absente me tient dans le royaume des morts jusqu'à la fin des temps.

Une seule larme absente me tient dans le royaume des morts jusqu'à la fin des temps.

Vos funérailles sont restées célèbres. Que gardez-vous de ce dernier adieu ?

On me coucha sur Hringhorni, le plus grand navire du monde, pour en faire mon bûcher. Mais les dieux, dans leur douleur, ne purent le pousser à la mer ; il fallut mander depuis le pays des géants la vieille Hyrrokkin, qui vint montée sur un loup, avec des serpents pour rênes, et lança le vaisseau d'une seule poussée si violente que la terre trembla. Mon père y déposa Draupnir, son anneau qui enfante neuf anneaux toutes les neuf nuits. Ma femme Nanna, le cœur brisé, mourut de chagrin et fut placée à mes côtés dans les flammes. Je regardai brûler tout ce que j'avais aimé — et il y avait dans ce feu plus de beauté que je n'en méritais.

Je regardai brûler tout ce que j'avais aimé.

Les poètes ont fait de votre fin un présage. Comment comprenez-vous cette place que vous tenez dans la prophétie ?

La völva du Völuspá l'a chanté : elle m'a vu, moi le dieu sanglant, le fils d'Odin, et elle a vu le gui frêle et beau se dresser plus haut que les plaines pour devenir une arme funeste. Je ne suis pas seulement un dieu qui meurt ; je suis le premier fil que l'on tire, et tout le tissu du monde vient avec. Après moi, les serments se briseront, les frères s'entretueront, le loup dévorera le soleil : ce sera le Ragnarök, le destin des dieux. Ma mort n'est pas une fin en soi — elle est l'aube d'une nuit très longue, celle qui doit tomber avant que le jour puisse renaître.

Je suis le premier fil que l'on tire, et tout le tissu du monde vient avec.

Vous parlez du renouveau. Qu'attendez-vous, dans le silence de Hel ?

Ici, dans le royaume de Hel, le temps ne coule pas comme là-haut ; j'attends, et mon attente elle-même est ma tâche. La voyante l'a prédit : quand le vieux monde aura brûlé et que les eaux se seront retirées, une terre neuve et verte émergera, et je remonterai des morts. On dit que mon frère Höðr reviendra avec moi — celui dont la main aveugle me perça — et que nous habiterons ensemble les demeures nouvelles, sans rancune, car le sang versé aura été lavé par la fin de toutes choses. C'est là ma consolation d'immortel : je ne suis pas le dieu que la mort a vaincu, mais le dieu que l'on garde pour recommencer le monde.

Je ne suis pas le dieu que la mort a vaincu, mais le dieu que l'on garde pour recommencer le monde.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Baldr's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.